Nous ne sommes pas là pour retirer des vies.
Bertrand de Rochambeau
D’abord, la loi : un avortement provoqué, décidé pour des raisons non médicales dans le cadre légal instauré par la loi Veil du 17 janvier 1975. Son dispositif légal est inscrit aux articles L.2211-1 et suivants du Code de santé publique, qui dans l’article L2212-8 prévoit également qu’« un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une IVG », de même qu’« aucune sage-femme, aucun infirmier ou infirmière, aucun auxiliaire médical, quel qu’il soit, n’est tenu de concourir » à cet acte médical. Ensuite, le tollé de réactions parmi lesquelles : celle de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, et de la secrétaire d’État à l’Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, qui ont « condamné fermement les propos » du président du Syngof et rappelé que « L’IVG est un droit trop souvent menacé pour lequel il convient de ne relâcher aucun effort » ; celle de l’Ordre des médecins qui a rappelé que le statut du Dr de Rochambeau « pose le problème de la portée de ses propos tenus dans une émission de grande écoute », faisant valoir que « la clause de conscience ne saurait être un moyen de se soustraire à la loi et aux dispositions de la déontologie médicale ». Depuis la polémique, le Syngof — qui représente moins d’un quart des gynécologues — a pris ses distances avec ces propos qualifiés de personnels. Il a précisé que « beaucoup de gynécologues font des IVG » et ne sont « pas opposés à la loi », mais que le syndicat « protège (ceux) qui ne souhaitent pas en faire » ! C’est bien cette dernière phrase qui inquiète Véronique Séhier, coprésidente du Planning familial, qui juge « scandaleux » les propos du médecin, et dénonce « la clause de conscience (qui) est une entrave aux droits des femmes et à leur santé ». Faut-il rappeler que les choix personnels de certains praticiens empêchent des hôpitaux publics de pratiquer l’IVG, comme au Bailleul (Sarthe), où cet acte a été suspendu en janvier. Selon Quotidien, d’autres établissements du Grand Ouest ont été récemment dans la même situation, comme ceux de Fougères (Ille-et-Vilaine), Montaigu et Olonne-sur-Mer (Vendée). L’Ordre des sages-femmes en appelle « à la responsabilité individuelle de chacun afin de ne pas remettre en question ce droit ». Car « l’accès à l’IVG se complexifie pour les femmes ».« Nous ne sommes pas là pour retirer des vies. »
Le docteur Bertrand de Rochambeau est président du syndicat des gynécologues et il refuse de pratiquer des IVG. Il a accepté de répondre à @valentineoberti.#Quotidien pic.twitter.com/hXu78bEDEi — Quotidien (@Qofficiel) 11 septembre 2018