RTE : le référendum qui remet les pendules à l’heure
Pour contourner le refus de la CGT (58,4 % aux élections) sur l’accord temps de travail, 4 200 électriciens de RTE ont été invités à un référendum façon loi El Khomri. Résultat : c’est non à 70,8 % !
Publié le 7 avril 2017, modifié le 27 août 2026
70,8% des 4 200 électriciens de RTE ont dit non à un déplorable accord sur le temps de travail. Une victoire pour les salariés, qui conforte la décision de la CGT de ne pas signer un accord régressif, mais aussi un désaveu des syndicats qui ont engagé une démarche référendaire façon loi El Khomri.
Attention au retour de bâton. C’est ce que doivent se dire les syndicats minoritaires qui ont voulu expérimenter l’une dispositions les plus perverses de la loi « travail » : à savoir le recours au référendum. En effet, depuis le 1er janvier 2017, des syndicats minoritaires représentant au moins 30 % des voix peuvent demander un référendum lorsqu’un syndicat majoritaire refuse de signer un accord. Si le référendum recueille plus de 50 % des voix, alors l’accord s’appliquera. Pour contrer la non-signature CGT et ses 58,4 % de représentativité, les syndicats CFDT et CFE-CGC de RTE (réseau de transport d’électricité) s’y sont essayés.
Pas de chance pour eux, la solidarité a pesé plus que toute autre considération. En effet, de la même manière que chez Smart, qui a servi de laboratoire en son temps, l’une des méthodes employées pour faire passer la pilule est d’inclure dans le périmètre du référendum des salariés non concernés par les changements. Autrement dit, la direction explique que pour des raisons de compétitivité, il faut que l’entreprise fasse des sacrifices mais ceux-là ne pèsent que sur une certaine catégorie de personnel. Chez Smart, les cadres au forfait jours se voyaient donc « démocratiquement » consultés pour que les ouvriers rallongent leur temps de travail…. Il en est donc allé de même chez RTE où l’accord sur l’organisation du temps de travail ne portait que sur les équipes opérationnelles, c’est-à-dire ceux qui interviennent sur le terrain, soit la moitié du personnel.
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