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Industrie automobile

Auto : une filière en danger

27 février 2021 | Mise à jour le 1 mars 2021
Par et | Photo(s) : DR
Auto : une filière en danger

Table ronde en visioconférence, organisée le 20 janvier 2021 avec, de haut en bas et de gauche à droite, Fabien Gâche, dirigeant de la FTMCGT (issu de Renault), Michaël Imhoff, secrétaire du syndicat CGT de l'usine PSA de Trémery (57), Denis Bréant, responsable de l'automobile à la FTMCGT et Matteo Gaddi, chercheur et économiste de la Fondation Claudio Sabattini (en charge des études à la FIOMCGIL).

L'actualité est marquée par la fusion PSA-FCA (Peugeot-Fiat Chrysler Automobiles), les restructurations chez Renault et la sous-traitance. Table ronde sur les propositions et le rôle du syndicalisme européen face aux évolutions d'une filière industrielle menacée.

Dans quel état se trouve la filière automobile après la fusion PSA-FCA ?

NVO - La Nouvelle Vie Ouvrière, le magazine des militants de la CGTMatteo Gaddi : Je dois d'abord souligner la catastrophe qui a frappé la production automobile en Italie depuis vingt ans. En 1999, l'Italie produisait 1,4 million d'automobiles. Ce chiffre est tombé à un demi-million en 2019. Cette chute dramatique a entraîné des fermetures d'usines, des réductions d'emplois directs et indirects et beaucoup d'heures de chômage technique.

Le deuxième problème, c'est que cet effondrement de la production menace aussi la sous-traitance. Il reste environ 2 000 entreprises de fabrication de composants, et la plupart sont des TPE et non plus des PME. Une grande partie de la production de composants a été délocalisée suite à la baisse de la production des constructeurs et cela risque de s'accentuer.

Troisième problème : la fusion PSA-Fiat. Avant de finaliser cette fusion, Fiat et PSA avaient déjà établi une coopération pour la production d'automobiles relevant du segment B (petites voitures). Or, ces voitures sont construites dans les usines polonaises de Tichy et on parle de 400 000 véhicules produits dans des pays à bas salaire.

Quatrième problématique : l'utilisation de la plateforme CMP (ou « common modular platform », mode de production particulier sur plateforme) de PSA lui permet de décider de tous les composants des autos de segment B. Or, Fiat a déjà demandé à ses fournisseurs de suspendre le développement de produits destinés au segment B. Je suis donc très inquiet pour l'avenir, mais j'espère que Stellantis (le groupe multinational résultant du mariage entre PSA et Fiat-Chrysler-Automobiles, FCA) offrira une possibilité, une chance pour l'industrie automobile italienne.

Nous avons besoin d'un projet industriel qui définisse des objectifs de production pour toutes les usines du groupe, en France, en Italie, en Allemagne, en Pologne. Matteo Gaddi

Je formule donc cette proposition : nous, syndicats italiens et français ainsi que la classe ouvrière de tous les pays, avons besoin d'un projet industriel qui définisse des objectifs de production pour toutes les usines du groupe, en France, en Italie, en Allemagne, en Pologne, etc. Et ce, afin de garantir le plein-emploi et d'éviter les doublons avec PSA.

Fiat ne doit pas se focaliser sur le segment de l'auto de luxe comme Maserati ou Alpha Romeo. Mais elle devrait se concentrer sur les segments des voitures à bas prix. Il y a donc besoin de nouveaux modèles, de sorte que la fusion avec PSA soit une intégration et non un « chevauchement. » Cette fusion va nécessairement engendrer une réorganisation générale de toute la production automobile.

Mais il reste


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