À venir
Votre identifiant correspond à l'email que vous avez renseigné lors de l'abonnement. Vous avez besoin d'aide ? Contactez-nous au 01.49.88.68.50 ou par email en cliquant ici.
HAUT
FONCTION PUBLIQUE

Fonction publique : un besoin du siècle

13 juillet 2021 | Mise à jour le 12 juillet 2021
Par | Photo(s) : Bapoushoo
Fonction publique : un besoin du siècle

Montreuil, le 19 mai 2021. De g. à d. : I. Avran (NVO), B. Teste (FSU), N. Pommet (CGT-SP), F. Golfier (FA-FPT) et G. Martinez (Solidaires).

Ensemble, la CGT, la FSU, Solidaires et la Fédération autonome des trois versants de la fonction publique (d'État, territoriale et hospitalière) mettent en débat un mémorandum pour la fonction publique du XXIe siècle. Natacha Pommet, Benoit Teste, Gaëlle Martinez et Fabien Golfier ont participé fin mai à une table ronde sur le sujet, dont l'intégralité est disponible en vidéo sur le site de leur fédération respective.
Après plus d'un an de pandémie et plus d'un an et demi de mise en place de la loi de transformation de la fonction publique voulue par le gouvernement, quel bilan tirez-vous du rôle joué par les services publics et des conséquences de la loi ?

Gaëlle Martinez (Solidaires) : Cette crise démontre ce que l'on dit depuis très longtemps : les services publics ont été démantelés, déstructurés. On y a supprimé des effectifs de manière quasi constante. Mais si la fonction publique a tenu, c'est grâce à l'investissement sans faille des personnels à qui l'on a demandé toujours plus, comme dans la santé ou l'Éducation nationale, sans moyens pour fonctionner. La loi de transformation, c'est aussi la fin des CHSCT, alors que nous en avons particulièrement besoin. Il serait temps que le gouvernement tienne compte de ce qui s'est passé et prenne d'autres orientations.

Finalement, en quoi l'introduction du management issu du privé, voire la privatisation de services publics vous dérange-t-elle ?

Benoît Teste (FSU) : On a vécu un sacré paradoxe. La loi, votée en août 2019, a commencé à s'appliquer au moment de la crise, au printemps 2020, c'est-à-dire au moment même où l'on avait d'autant plus besoin d'agents publics. Une loi de défiance s'est appliquée alors que les personnels, sur le terrain, avaient plus que jamais besoin de la confiance de la nation. Les agents ont dû recourir au bricolage, on pense bien entendu au manque de masques et de blouses dans les hôpitaux. Dans l'Éducation nationale, chacun a travaillé avec son propre matériel pour les cours à distance et répondre à l'urgence.

La loi du 6 août 2019 repose sur une vision des fonctionnaires comme étant « routiniers », et c'est l'inverse qui s'est produit. On a vu des agents qui se sont mis en quatre pour faire face à la crise. Le statut est fait pour cela. La loi de transformation est à contre-courant de cela. Le gouvernement est certes revenu sur le jour carence, c'est bien le moins, mais en est resté à ce management agressif, avec davantage de recours aux contractuels, plus de travail, moins de droits, notamment le droit de grève. En mai-juin 2020, au cœur de la crise, on a dit aux personnels de l'Éducation nationale : vous serez affectés sans droit de regard des élus du personnel, car la démocratie sociale prend trop de temps. On n'en restera pas là.

Fabien Golfier (FA-FPT) : On est arrivé au bout de la résilience des agents qui ont doublement vécu la crise, en tant que personnes et en tant qu'agents publics au service des autres, pour faire fonctionner une machine essentielle à l'ensemble du pays. C'est ce qui a rassuré nos concitoyens et ce que le privé n'apporte pas, même si nous avons aussi des collègues en première ligne dans le privé, comme les caissières. Le service public a depuis longtemps démontré sa vocation : servir. On voit le résultat de la politique gouvernementale, notamment dans la fonction publique hospitalière où beaucoup n'en peuvent plus et la quittent sans qu'il y ait de renouvellement. Qui va assurer demain la réponse aux besoins ? Avec quels moyens ?

Natacha Pommet (CGT-SP) : En 2008, déjà, il a bien fallu reconnaître unanimement que les services publics étaient des amortisseurs à la crise. Pendant cette pandémie, si le pays a tenu, c'est aussi grâce à eux. Notre mémorandum pour une fonction publique du xxie siècle a vocation à mettre dans le débat public, notamment en cette

La lecture de cet article est réservée aux abonnés

Le saviez-vous ?


La Vie Ouvrière et nvo.fr c'est l'information sur le travail et les luttes sociales. Indépendants des grands groupes de presse, c'est grâce à ses abonnés que la Vie Ouvrière et nvo.fr peuvent vous rendre compte des réalités du monde syndical et social. Soutenez l'entreprise de presse de la CGT. Abonnez-vous !


À partir de 5 € par mois

Déjà abonné ? Je me connecte