
Mobilisation face aux plans antisociaux
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Depuis le 1er janvier, France Travail remplace Pôle emploi en matière d’accompagnement des demandeurs d'emploi. La loi qui entérine la création de ce dispositif entraîne une transformation radicale du concept de minima sociaux, notamment avec la conditionnalité de l'attribution du RSA et l'obligation d'un contrat de travail de quinze à vingt heures. Incompréhensible pour les bénéficiaires, cette réforme provoque la colère et l'indignation des associations et des syndicats. Elle s'inscrit dans un parcours déjà largement semé d'embûches en y adjoignant une logique punitive. Un article paru dans la Vie Ouvrière#8.
« La nouvelle loi RSA 1, c'est une machine de guerre contre les pauvres, dans un dispositif déjà très anxiogène ! Elle est faite pour nous contrôler encore plus, nous culpabiliser et nous faire entrer dans un système qui broie les parcours cabossés, les plus faibles et les plus vulnérables ! », fulmine Béatrice Renaud, mère isolée de deux enfants, dont une est reconnue handicapée. Bénéficiaire du RSA depuis mars 2023, après une demande déposée quatre mois plus tôt, Béatrice a été contrainte de retourner vivre chez ses parents à Aix-en-Provence.
À 50 ans, elle s'estime, malgré de nombreux passages à vide, mieux lotie que d'autres, parce que ses parents lui permettent, ainsi qu'à ses filles, de manger chaque jour, et parce qu'elle est titulaire de deux masters, dont un en histoire : « La pression est plus grave sur les personnes qui ne peuvent pas se défendre. Moi, j'ai fait des études, je suis en capacité d'analyser des situations, même si c'est souvent très difficile. Par contre, mes journées sont ponctuées de rendez-vous avec l'assistante sociale, le pôle insertion du conseil départemental, l'école, les médecins, par les dossiers CAF, RSA, à justifier tous les trois mois et une série de paperasses. Et ma fille a besoin d'un accompagnement spécial que je suis seule à pouvoir lui donner. Je n'ai pas les moyens de prendre une nounou ! Donc, je ne sais pas, pour ma part, comment je peux faire pour trouver quinze heures hebdomadaires destinées à faire un travail gratuit dans ce système pourri qui fabrique de la soumission volontaire et qui nous met à poil ! Cette réforme m'angoisse encore plus, aujourd'hui. Mais bon, comme le dit ma conseillère, on survit, on ne vit pas avec le RSA. » Ce type de témoignage n'est pas isolé, bien au contraire. Toutes les personnes allocataires du RSA que nous avons croisées durant cette enquête évoquent un « parcours de combattant à tous les étages dans le dispositif d'accès au RSA », « une situation de précarité extrême », « l'impression d'être abandonné, fliqué et/ou infantilisé en permanence », etc. Dans cette situation d'extrême paupérisation, la nouvelle loi « pour le plein-emploi » tombe comme un couperet,
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