Respect de la loi SRU, sauvegarde des bourses du travail : l'appel de la CGT pour les municipales

Mairie de Rennes (Photo d'illustration).
Presque deux ans après avoir appelé à voter en faveur du Nouveau Front populaire (NFP) pour faire barrage au Rassemblement National lors des élections législatives de juin 2024, la centrale de Montreuil se jette dans la bataille des municipales qui se dérouleront les 15 et 22 mars prochain. Le 6 février 2026, la CGT a rendu publique la lettre ouverte à travers laquelle elle entend interpeler les candidats, hors Rassemblement National, et dans laquelle elle développe dix propositions relevant des prérogatives des mairies sur le logement, la santé, l'école, la gestion de l'eau, les transports, la culture… Charge ensuite aux quelque 800 unions locales et départementales de décliner ce courrier à leur sauce. L'objectif principal reste identique : faire barrage à l'extrême droite.
« L'extrême droite, qui gère déjà un certain nombre de villes, a déposé 650 listes et est en situation de conquérir un nombre inédit de mairies. Pour empêcher ce scénario, il faut répondre aux exigences sociales et environnementales des citoyens, nous voulons rappeler que les compétences des municipalités influencent le quotidien des travailleurs et des travailleuses », explique Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, entourée de cinq représentants des fédérations éducation, transports, services publics, culture et santé.
« Les élections municipales constituent une échéance importante pour les travailleurs du fait des prérogatives des communes et des intercommunalités en matière d'éducation, de logement, de culture, de sport, d'aménagement du territoire. C'est la dernière échéance avant la présidentielle, et un enjeu de construction du rapport de force pour les partis politiques. Pour la CGT, il importe de porter des propositions en matière de services publics qui répondent aux besoins des populations, explique Nathalie Bazire, membre du bureau confédéral en charge des politiques publiques et de la lutte contre l'extrême droite.
Une lettre ouverte et dix propositions
Concrètement, en matière de logement, la CGT souligne la nécessité de respecter strictement la loi SRU en s'engageant dans la construction de logements sociaux, de limiter les résidences secondaires et les locations du type Air bnb. Côté santé, la CGT soutient les centres municipaux de santé comme « moyen de développer l'offre de soins de proximité et de lutter contre les déserts médicaux. Ces centres permettent une gestion non lucrative, pluriprofessionnelle et une prise en charge globale des patients. Nous demandons par ailleurs aux maires, qui siègent au sein des conseils d'administration des hôpitaux publics, d'y assumer pleinement leur rôle et de refuser des restrictions budgétaires », détaille Hélène Michault, pour la fédération santé action sociale.
Côté école, la CGT alerte en premier lieu sur le maillage territorial. « Au vu des suppressions de postes dans l'éducation nationale, des écoles et des classes sont menacées de fermeture. Or, aucune fermeture d'école ne peut se faire sans l'aval de la municipalité. Nous alertons aussi sur les financements accordés au privé, au risque de renforcer le séparatisme social et sur l'état du bâti scolaire, à la charge des communes pour ce qui est du premier degré », confie Isabelle Vuillet, de la Ferc-CGT.
Pour la culture, sacrifiée sur l'autel de l'austérité, Maxime Séchaud revendique « des politiques culturelles ambitieuses en matière d'enseignement artistique, de soutien à la création et à l'éducation populaire ». « Les services publics territoriaux demeurent un socle qui permet de faire société, de lutter contre les fractures sociales. Lesquelles font le lit du Rassemblement National, observe Sylvain Valla, de la CGT services publics. Le militant rappelle par ailleurs que « 35% des agents sont contractuels, représentant autant de variables d'ajustement face aux coupes budgétaires, avec des conséquences sur l'efficacité des services publics ».
60 bourses du travail menacées
La CGT veut aussi profiter des municipales pour interpeler les candidats sur le péril entourant les bourses du travail. Selon le décompte du syndicat, une soixantaine est menacée de procédures d'expulsion, de fermetures ou par une dégradation avancée des bâtiments. « Nous souhaitons que les candidats s'engagent à garantir une bourse du travail dans les communes d'au moins 15 000 habitants. Alors que la moitié des salariés du privé n'ont pas de syndicats dans leur entreprise, ce maillage territorial est essentiel pour garantir l'accès aux droits, défendre et organiser les salariés », soutient Sophie Binet.