
Un plan révoltant
L’annonce par la direction d’Alstom de la fermeture de son site historique de Belfort constitue un nouveau scandale industriel. L’heure est à la construction du rapport de... Lire la suite

Rassemblement devant le siège d'ALSTOM pour " Le maintien de tous les sites Alstom Transport en France et de tous les emplois sur chaque site, notamment sur Belfort, l'arrêt de la délocalisation des fabrications et des études, la réintégration sur les sites français des activités délocalisation
Venus de Belfort (Territoire de Belfort), ils ont passé quelques heures dans les TGV qu’ils ont construits pour arriver devant les grilles du siège social de leur entreprise à Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, le jour où se tenait le comité central d’entreprise.
Il y a ceux de Belfort bien sûr, mais aussi les salariés venus de différents sites d’Alstom comme celui d'Ornans ou de Rouen, des salariés de sous-traitants d'Alstom, comme le bureau d'études Akka, des cheminots, des salariés de la RATP. La diversité s'affiche aussi dans les couleurs CGT, CFDT, CFE-CGC, FO, les chasubles se croisent indistinctement parmi les petits groupes rassemblés.
Lorsqu'il arrive, précédé d'une nuée de caméras, Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT ne manque pas de le souligner lors de sa prise de parole : « Je salue l'unité syndicale. Nous n'attendons qu'une seule phrase de la direction : « On ne fermera pas le site ! »», tonne le leader syndical. Et de poursuivre : « Je salue les cheminots et salariés de la RATP venus soutenir ce rassemblement, car il y a des tentatives de déshabiller la maintenance de la SNCF pour rhabiller celle d'Alstom. Nous refusons cette mise en concurrence… Enfin, il est scandaleux qu'il n'y ait pas de charte sociale dans les appels d'offre ! »
L'homme à la célèbre moustache est fortement applaudi, mais ne peut s'éterniser, car, à l'autre bout du département, il est attendu au rassemblement de soutien des salariés au fameux procès des chemises d'Air France.
Dans l'attente du retour de la délégation, les esprits s'échauffent. Une frêle barrière d'entrée finit par tomber, mais on n'ira pas jusqu'à envahir le siège. À sa sortie, Hervé Cardet, délégué CGT du site de Belfort, laisse exploser sa colère : « Ils se fichent de nous ! Tout ce que la direction a été capable de dire, c'est qu'elle attend la réponse du gouvernement. Peut-on accepter cela ? Vous attendez de belles annonces pour qu'ils passent les élections… On ne peut se contenter de cela. Il va falloir se battre ! ». Colère et incrédulité sont lisibles sur tous les visages.
Le gouvernement a indiqué qu'il fera des annonces vendredi 30 septembre. Certains s'y raccrochent. Il n'y a pas longtemps à attendre pour être fixés.