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Sidérurgie

ArcelorMittal ne veut rien entendre, la grève se poursuit

19 octobre 2020 | Mise à jour le 16 octobre 2020
Par | Photo(s) : Clément Mahoudeau / AFP
ArcelorMittal ne veut rien entendre, la grève se poursuit

Usine d’ArcelorMittal de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) prise en photo le 27 juillet 2020.

Le groupe sidérurgique est confronté depuis le début du mois à une mobilisation qui s'étend à de nombreux sites français. Les faibles salaires, le chômage partiel, les mauvaises conditions de travail, le refus de négocier de la direction alimentent la colère.

« Nos revendications sont justifiées. Cela fait longtemps que pour les augmentations générales et les primes, on est plus près de zéro qu'autre chose. L'année dernière encore, ils nous ont baladés aux NAO (négociations annuelles obligatoires). Et depuis le déconfinement, on travaille à plein régime ». Jeudi 15 octobre, début d'après-midi. Philippe Lux, ouvrier au secteur revêtement de l'usine ArcelorMittal de Mardyck (Nord) et délégué syndical CGT, sort d'une réunion avec des collègues de son équipe. Aujourd'hui encore, la grève est reconduite.

« En 25 ans, c'est la première fois que je vois ça »

Elle a démarré le 3 octobre dans les usines voisines de Dunkerque (production d'acier) et de Mardyck (laminage), qui totalisent 3 600 salariés en CDI sur les 15 000 du groupe en France. Mais elle s'est rapidement étendue à de nombreux autres sites : Gandrange (Moselle), Basse-Indre (Loire-Atlantique), Montataire (Oise), Bourg-en-Bresse (Ain), Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône)…

Ce vendredi, des actions sont notamment prévues en Moselle, à Florange et sur le site de recherche et développement de Maizières-lès-Metz. « Depuis 25 ans que je travaille ici, c'est la première fois que je vois autant de sites qui débrayent », assure Philippe Lux.

La communication de la direction, c'est de l'enfumage non-stop. Mais ils oublient qu'on communique en temps réel entre les sites.Philippe Lux, délégué syndical CGT à l'usine ArcelorMittal de Mardyck (Nord)

La CGT d'ArcelorMittal avait pourtant laissé à la direction le temps de se retourner. Dans un courrier du 25 septembre, elle lui laisse dix jours pour satisfaire deux revendications majeures. D'abord une « prime de 2 000 €, pour reconnaître l'investissement et le professionnalisme de tous sur la période (de crise sanitaire, NDLR), intérimaires, alternants et (salariés des) groupements d'employeurs inclus ». Mais également assurer « une activité à 100 % pour les salariés et, là où l'activité partielle serait réellement justifiée, que le groupe indemnise à 100 % la rémunération, toutes catégories confondues ».

Aujourd'hui, hormis pour les cadres, ArcelorMittal ne va pas au-delà de l'indemnisation de l'État à hauteur des 84 % du salaire net.

La direction minimise le mouvement… mais en craint les conséquences

Le 7 octobre, le responsable national des ressources humaines répond qu'en raison des « difficultés » du groupe, il n'est « pas possible de répondre favorablement (aux) revendications ».

Position réitérée dans un communiqué interne du 13 octobre, selon lequel « la recrudescence de l'épidémie dégrade (la) visibilité » de l'activité. Pas à un paradoxe près, ArcelorMittal minimise la grève, assurant que « le taux de grévistes s'est élevé en moyenne à 2 % des effectifs », mais craint qu'elle remette en cause des « investissements » et des « embauches ».

Philippe Verbeke, salarié à Mardyck et coordinateur CGT pour le groupe, sait que des moyens existent. ArcelorMittal a ainsi consacré plus de 10 milliards d'euros à des rachats et des investissements dans des entreprises en Italie et en Inde, ainsi que 500 millions d'euros pour des rachats d'actions aux actionnaires.
Il ajoute que la situation n'est pas tenable pour les salariés, confrontés à une forte dégradation de leurs conditions de travail, notamment liée au sous-effectif et au sous-investissement : « Il y a sans cesse des problèmes techniques. On essaie de réparer avec des bouts de ficelle pour redémarrer, jusqu'à la panne suivante. »

Pour tenir la mobilisation, une caisse de grève se met en place.

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