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Bernadette Ségol : pourquoi un plan européen d'investissement

12 août 2014 | Mise à jour le 24 avril 2017
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Bernadette Ségol : pourquoi un plan européen d'investissement

L’idée de la Confédération Européenne des Syndicats (CES) part d’un constat simple, les différents plans d’austérité en Europe n’ont pas fonctionné. Devant un tel échec, la CES propose un grand Plan Européen d’Investissement. Explications de Bernadette Ségol, secrétaire générale de la CES.

Investir massivement dans des secteurs porteurs au lieu de se serrer la ceinture, c’est la réponse du CES aux différents plans de rigueur et d’austérité appliqués en Europe depuis le début de la crise.

En effet, face à la crise que connaît l’Europe et le reste du monde depuis 2008, le réflexe des gouvernements de tous bords a été de serrer la vis des finances publiques au travers de plans dits, ici, de rigueur, là, d’austérité. Malgré ces efforts demandés aux populations européennes, ces politiques n’ont pas réussi à relancer la croissance et endiguer le chômage, bien a contraire.

Ce plan d’investissement est une réponse aux plans d’austérité en Europe, explique Bernadette Ségol, « c’est une réponse positive pour sortir de cette crise par le haut. »

Plan européen d’investissement : « Redonner à l… par Guillaume Desjardins

 

En appelant à investir 2 % du PIB de l’Union Européenne pendant 10 ans dans des secteurs d’avenir tels que les transports et l’énergie, la CES espère pouvoir relancer l’économie et créer 11 millions d'emplois dans l’Union.

Reste cependant à convaincre Bruxelles, mais en période de crise, il est difficile de persuader les dirigeants politiques de mettre la main à la poche.

« Il y a des milliards et des milliards d’euros qui attendent d’être investis, et il y a des milliards et des milliards d’euros qui ont été trouvés pour sauver les banques. » réagit Bernadette Ségol, refusant l’argument des caisses vides. « Il y a une décision politique à prendre… ce n’est pas une décision technique, c’est d’abord une décision politique. »

Et pour convaincre les leaders politiques, la CES compte sur les syndicats—au niveau national, mais aussi au niveau local—comme force de proposition sur des projets concrets.

« Il est très important d’avoir des projets, de savoir ce qu’on veut faire, » explique Bernadette Ségol, « il faut avoir des projets sur la table [pour], le moment venu, demander des fonds pour financer ces projets. »

 

Des projets trans-européens face à l’euroscepticisme

Alors que les récentes élections européennes ont vu la montée des partis eurosceptiques dans plusieurs pays d’Europe, Bernadette Ségol voit ce plan européen d’investissement comme une manière de barrer la route au FN en France, au UKIP au Royaume-Uni, ou encore au parti néo-nazi Aube Dorée en Grèce.

« La montée des eurosceptiques est également due au manque de propositions européennes positives, » affirme Bernadette Ségol, « il faut combattre les eurosceptiques sur leur terrain, dire que nous ne partageons pas les valeurs qui sont les leurs—des valeurs de xénophobie, de nationalisme—et que nous savons très bien que la solution à l'emploi, et la solution à l'emploi de qualité, n’est pas dans un recroquevillement au niveau national. »

« Notre avenir est dans la construction d’une Europe sociale, d’une Europe qui prenne en compte les valeurs que nous défendons. »

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