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UE : la présidente de la Commission adopte un langage d’extrême droite

Isabelle Avran
12 septembre 2019 | Mise à jour le 13 septembre 2019
Par | Rédactrice en chef adjointe de la NVO
En changeant le nom du commissariat en charge des migrations pour qu'il devienne celui de la « protection du mode de vie européen », la nouvelle présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, adopte sans complexe un langage d'extrême droite.

Si les mots ont un sens, alors le changement d'intitulé de la responsabilité d'un commissaire européen a pour clair objectif d'insister sur une vision du monde et un projet politique.

Mardi 11 septembre, la présidente de la Commission européenne, élue en juillet dernier, Ursula von der Leyen, a révélé le nouveau nom de la charge qu'elle entend confier au commissaire Margarítis Schinás (Grèce). Jusqu'à présent dénommée « Migrations, affaires intérieures et citoyenneté », elle deviendrait « Protection du mode de vie européen ».

En clair, les migrants seraient un danger dont il faudrait protéger les Européens. Un danger qui toucherait jusqu'à leur identité et menacerait un « mode de vie » dont les contours et les critères ne sont pas définis, mais conçu comme unique, excluant toute référence au droit, et au sein duquel, en outre, la citoyenneté n'aurait même plus sa place.

Pires que des boucs émissaires

Foin des causes profondes des migrations. Foin des responsabilités de l'UE ou de certains de ses membres dans les guerres génératrices d'exodes ou dans l'exploitation des ressources et des richesses de pays, notamment du Sud, au prix de catastrophes écologiques, économiques et sociales. Et point besoin non plus d’une quelconque politique d'accueil et de solidarité : dans ce monde, pour l’économie libérale, mieux vaut mettre les peuples en concurrence.

Non. La nouvelle présidente de la Commissaire a décidé d'adopter la rhétorique de l'extrême droite. Celle des Viktor Orbán et autres Matteo Salvini.

Car si les États européens rejettent les migrants à la mer, transformant la Méditerranée en cimetière – comme certaines routes des Alpes –, s'ils mettent des semaines à négocier pour répartir sur le sol européen quelques dizaines de rescapés, s'ils renvoient les autres dans les geôles libyennes et aux mains des milices esclavagistes du pays, Ursula von der Leyen, elle, entend dorénavant accompagner cette politique d'un discours issu des pires pages de l'histoire de notre continent. En désignant l'Autre comme une menace existentielle.

Menace sur la démocratie

Faire peur, trouver des boucs émissaires, diviser, et substituer à de possibles engagements de classe communs des consensus nationalistes artificiels : la recette est connue. L'histoire nous a montré où elle peut conduire…

On attend donc une réaction de ceux qui dénoncent dans leurs discours les politiques « illibérales » de certains États européens. Et l'on attend, face à cette rhétorique et à cette orientation funestes, que les députés européens sachent dire non.

Car, redoutable pour les migrants, cette rhétorique assumée sans complexe par Ursula von der Leyen menace aussi directement la démocratie.