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JUSTICE

General Electric assigné en justice pour avoir licencié au lieu d'embaucher

19 février 2021 | Mise à jour le 19 février 2021
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Plusieurs dizaines de salariés de General Electric (GE) à Villeurbanne, près de Lyon, ont décidé d'assigner la maison-mère américaine devant la justice française pour ne pas avoir respecté ses engagements en termes de créations d'emplois.

Selon leur avocat Fiodor Rilov, environ 70 employés interviennent dans cette « action en responsabilité », procédure civile lancée devant le tribunal judiciaire de Lyon, que l'avocat est venu détailler mercredi sur le site villeurbannais.

En octobre 2019, les mêmes avaient lancé une plainte en nom collectif (« class action ») aux États-Unis. Elle s'est heurtée à des problèmes de compétence du juge saisi, soulevés par la défense de GE, ainsi qu'à des lenteurs engendrées par la crise du Covid-19.

En agissant en France, les plaignants espèrent pouvoir débattre du fond de l'affaire devant un tribunal : « le non-respect des promesses faites par GE » lors du rachat du pôle énergie d'Alstom en 2014, affirme Me Rilov.

« GE déplore cette action judiciaire qui ne lui a pas été notifiée. L'entreprise n'est de ce fait pas en mesure de commenter pour le moment », a réagi la direction.

À l'origine, le groupe s'était engagé à créer 1 000 emplois nets en France avant la fin 2018. « Or, non seulement ils n'en ont pas créé depuis, mais en plus ils en ont détruit », déplore l'avocat en rappelant les restructurations annoncées depuis deux ans à Villeurbanne et Belfort notamment.

En novembre dernier, le syndicat CFE-CGC avait évoqué la suppression de 3 000 postes au total sur cinq ans, chiffre démenti par la direction.

Selon elle, depuis l'acquisition de la branche énergie d'Alstom en 2015, « date à laquelle l'entreprise comptait 16 000 emplois industriels en France (hors GE Capital), plus de 2 000 salariés ont quitté les effectifs du groupe dans le cadre de cessions d'actifs », GE employant aujourd'hui « plus de 13 000 salariés » sur 17 sites.

Le non-respect de ses promesses d'embauches a valu à l'entreprise de devoir abonder un fonds de réindustrialisation à hauteur de 50 millions d'euros. Reste qu'a minima, il aurait dû ne pas supprimer de postes, estime Me Rilov, pour qui « les différents PSE annoncés depuis violent l'engagement pris en 2014 ».

C'est l'objet de la procédure qu'il mène au nom des salariés, « tous lésés » à ses yeux dans le Rhône et ailleurs. « GE a piétiné ses engagements et l'État n'a rien fait pour l'en empêcher, il a plutôt couvert ce comportement inacceptable », critique l'avocat.

« Cette action est menée à titre individuel, ce n'est pas une action syndicale », souligne de son côté Serge Paolozzi, délégué syndical central CGT chez Grid Solutions, la branche dont fait partie l'établissement de Villeurbanne.

« Elle est inédite, on verra ce que ça donne mais on la soutient, car les engagements pris par GE n'ont pas été respectés. Et parce qu'elle met un peu de pression sur les négociations du dernier PSE en cours, cela tombe plutôt bien », ajoute le syndicaliste.

Ce plan prévoit la suppression de 579 postes en France chez Grid Solutions, dont 145 seraient préservés au final, les discussions devant s'achever en mars.