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EMPLOI

France Travail : 61,1% d’offres illégales diffusées

29 janvier 2024 | Mise à jour le 29 janvier 2024
Par | Photo(s) : Tomas Stevens/ABACAPRESS
France Travail : 61,1% d’offres illégales diffusées

Alors que le gouvernement s'attaque de nouveau aux droits  aux chômeurs, notamment en réduisant leurs droits en cas de refus d'offre d'emploi, la CNTPEP-CGT a publié le 18 janvier dernier les résultats de son étude menée sur les postes à pourvoir chez France Travail, ex-Pôle emploi. 61,1% des offres d'emploi sont illégales au regard du code travail, selon le syndicat.

Le constat est sans appel pour la CNTPEP-CGT (la CGT des privés d'emploi et des précaires), qui indique que sur le site France Travail, (ex-Pôle emploi ), « sur 1915 offres d'emploi étudiées, 1170 sont illégales au regard du code du travail, soit 61,1%. ». Pour la 16ème année consécutive, la CNTPEP-CGT a mené l'enquête le 15 et 16 janvier dernier, en analysant 1915 offres d'emploi extraites du site, en se focalisant sur les villes accueillant les JO (Paris, Lyon, Nice, Bordeaux, …) et sur plusieurs secteurs en tension comme les services à la personne, le bâtiment ou encore les transports. Entre les entreprises publiant une trentaine d'offres pour le même poste de travail, les agences d'intérim indiquant des postes en CDI alors que les contrats sont en réalité des missions hebdomadaires ou journalières, ou les structures d'aides à la personne proposant des contrats de 24 heures par semaine alors que là aussi le temps de travail est en vérité de 8 heures par semaine, le syndicat dénonce « l'absence de vérification par France Travail des offres qu'il publie sur son site».

Quand les CDI durent trois semaines

Pour illustrer son étude, la CNTPEP-CGT n'hésite pas à publier sur le réseau social X (ex-Twitter) une vidéo où des militants appellent par téléphone les employeurs. Un exemple révélateur  : celui d'une agence d'intérim lyonnaise, APL Emploi, où un CDI est devenu une mission de 3 semaines. L'agence justifie cette décision arguant que « personne ne postulait à cette offre et que les besoins de l'entreprise avaient changé ». Le chef de l'Etat, Emmanuel Macron annonçait lors de sa conférence de presse, le 16 janvier dernier, « une nouvelle réforme du marché du travail qui suppose plus de sévérité en cas de refus d’offre d'emploi ».

Un problème politique

Pour Pierre Garnodier, secrétaire général de la CNTPEP-CGT, il s'agit d'« un problème politique. Le gouvernement s'appuie sur le nombre soi-disant élevé d'offres proposées pour justifier la pression mise sur les privés d'emploi qui ne trouvent pas de travail », précise-t-il dans le quotidien l'Humanité. S'appuyant sur les résultats de l'étude, le syndicat revendique «l'arrêt immédiat du contrôle des privés d'emploi et la réinscription rétroactive de tous les usagers de France Travail radiés pour insuffisance de recherche d'emploi ou refus d'offres. » Mais aussi, « la fin de la prolifération des plateformes de recrutement privées à but lucratif qui génèrent du profit en collectant nos données personnelles et transforment de travailleurs momentanément privés d'emploi en demandeurs attendant désespérément et souvent pour rien d'être recontactés pour quelques heures de travail ». Pour poursuivre leur travail et mettre un terme à la publication d'offres d'emploi bidon, la CNTPEP-CGT, a sollicité la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF).