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CONVENTION COLLECTIVE

Garanties collectives et emploi : les métallos en grève le 25 novembre 2021

23 novembre 2021 | Mise à jour le 22 novembre 2021
Par | Photo(s) : Boris Horvat/AFP
Garanties collectives et emploi : les métallos en grève le 25 novembre 2021

BORIS HORVAT (Photo by BORIS HORVAT / AFP)

1,4 millions de métallos sont menacés par l'issue des négociations en cours depuis 5 ans pour un nouveau « dispositif conventionnel » qui, s'il était adopté, constituerait un recul historique. Ils se mobilisent pour leurs garanties collectives et le développement de l'emploi industriel.
La fédération CGT-Métallurgie appelle à une journée nationale d'action et de grève le 25 novembre. Une manifestation nationale est prévue devant le siège de l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM) à Paris. Les métallos alertent sur le danger des négociations en cours depuis cinq ans pour un nouveau « dispositif conventionnel » voulu par le patronat. Si ce dernier était adopté, il balayerait des pans entiers de garanties liées aux différentes conventions collectives existantes, allant de la prime d'ancienneté aux classifications, en passant par le temps de travail, la rémunération ou la santé au travail.

Convention collective nationale versus dispositif conventionnel

Actuellement, la métallurgie compte 76 conventions collectives territoriales, auxquelles s'ajoutent la convention collective des ingénieurs et cadres et des conventions nationales de branche comme celle de la sidérurgie. Alors que la CGT défendait un projet de convention collective nationale basé sur le meilleur de chacune des conventions, c'est évidemment un tout autre projet baptisé « dispositif conventionnel » qu'a fait avancer le patronat depuis le début des négociations. Celles-ci sont entrées dans leur dernière ligne droite et l'UIMM espère conclure prochainement.  Il remet en cause de multiples particularités avantageuses des différentes conventions comme les primes de panier, indemnités de transport, pauses etc. Tout est systématiquement raboté voire supprimé. Sur les quatre thèmes de la négociation que sont les classifications, le temps de travail, les droits individuels et la rémunération, la FTM CGT alerte sur la volonté de l'UIMM de « rayer un siècle de construction de droits et conquis sociaux» . Parmi les aspects les plus marquants  figure notamment la fin de la reconnaissance des diplômes et le paiement au poste de travail. Dit autrement, le déroulement de carrière ne sera plus progressif, mais en dents de scie et selon des classifications pouvant certes progresser mais aussi régresser.

Un combat de longue haleine

Ce n'est pas la première fois que la FTM CGT mobilise sur la négociation en cours à l'UIMM. Une première manifestation a eu lieu en 2017 à Paris, et depuis plusieurs autres actions ont eu lieu en territoires. Une grande pétition a aussi été lancée cet été. Les questions abordées n'étant pas simples, il faut reconnaître que la mayonnaise a parfois eu du mal à prendre, faute tout simplement de la connaissance de ces enjeux. En effet, la CGT a souvent été la seule organisation syndicale à tenter d'informer massivement sur le sujet. Cette situation a contraint la CGT Métallurgie à organiser de nombreuses journées d'étude sur la convention collective nationale. Ces actions n'ont pas été sans effet. Par exemple, sur la prime d'ancienneté que l'UIMM souhaitait carrément faire disparaître au début de la négociation, des reculs ont été enregistrés. A ce stade des discussions, elle est transformée en une prime compensatrice soumise à un nouveau mode de calcul. Cette complexification vise à dessein l'illisibilité et l'extinction progressive de la prime liée à l'ancienneté. Mais elle n'existerait déjà plus s'il n'y avait pas eu une mobilisation qui a obligé l'ensemble des organisations syndicales à se positionner contre sa disparition.
On peut aussi considérer que si l'UIMM n'a pas réussi à aboutir au bout de 5 ans, c'est aussi grâce à la résistance impulsée sur le terrain par la CGT. La période cependant est aujourd'hui cruciale puisqu'on est au terme d'un long processus et que l'enjeu va bien au-delà de cette profession.

La métallurgie laboratoire de la dérégulation

L'adoption d'un dispositif conventionnel régressif ou d'une convention collective nationale de haut niveau aura évidemment un impact normatif considérable sur l'ensemble du salariat. Des éléments sont aussi source d'optimisme quant à la mobilisation. En effet, l'impatience de certains groupes à mettre en œuvre par anticipation les dispositions de la nouvelle convention ont déjà fait l'effet d'une bombe. Le groupe ArcelorMittal en a fait l'expérience avec la grève qui a éclaté l'année dernière à Dunkerque .
Au-delà de la question des garanties collectives, de nombreuses entreprises de la métallurgie sont aussi mobilisées sur d'autres questions comme les salaires, mais aussi et surtout l'emploi. Chez ArcelorMittal par exemple encore, la conjonction de l'explosion des profits, du sous-investissement et de la non-revalorisation des premiers échelons de la convention collective désormais rattrapés par le valeur du Smic fait émerger à nouveau un fort vent revendicatif. Les filières comme l'automobile ou l'aéronautique font l'objet de nombreuses propositions de développement de la part de la CGT. Enfin, sur l'emploi la colère est immense dans les fonderies automobiles notamment. Récemment, une grande manifestation a eu lieu avec 2000 personnes de la SAM dans l'Aveyron. Ils préparent à nouveau une plus grande action régionale le 1er décembre, et entre-temps, bien sûr ils monteront à Paris le 25 novembre.