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INDUSTRIE

La CGT engage une campagne nationale pour la reconquête industrielle

25 février 2021 | Mise à jour le 26 février 2021
Par | Photo(s) : DR
La CGT engage une campagne nationale pour la reconquête industrielle

Conférence de presse de la CGT sur l'industrie à Bercy, 24 janvier 2021

Depuis cinquante ans, des choix politiques mortifères ont détruit 2 millions d'emplois industriels en France. La CGT a décidé de faire connaître ses propositions de relance industrielle et d'engager une série d'initiatives dans les territoires au rythme d'une par mois durant toute l'année 2021.

« 3000 personnes étaient présentes au rassemblement qui s'est tenu à Decazeville (Aveyron) le 21 février 2021 autour de la fonderie SAM. » Lors de la conférence presse qu'il tenait trois jours plus tard face au Ministère de l'Economie et des Finances à Bercy, Philippe Martinez a tenu à rappeler cet évènement du week-end dernier qu'il considère comme le premier d'une série d'initiatives similaires autour des filières industrielles (ici les fonderies) que la CGT entend désormais mener au rythme d'environ une par mois dans les territoires durant toute l'année 2021.

Interdépendance

Le secrétaire général de la CGT est venu devant la presse accompagné de 12 secrétaires généraux des fédérations CGT de l'industrie, ou pas, mais qui en sont directement dépendantes (Agro-alimentaire, Cheminots, Construction, Energie, FAPT, FILPAC, Métallurgie, Travailleurs de l'État, Ports et docks, Textile, Verre et céramique). Une manière de montrer à la fois l'engagement de toute la CGT dans cette campagne, mais aussi l'interdépendance des différentes professions.

Par exemple, entre les cheminots et les métallos : « Des menaces pèsent directement sur l'industrie ferroviaire, que ce soit chez Alstom ou d'autres plus petits constructeurs. Or le développement de l'industrie, c'est aussi le développement du transport de marchandises. A chaque fois qu'une entreprise ferme, ce sont des marchandises en moins à transporter. Quand on ferme une entreprise de la métallurgie on ne transporte plus les bobines d'acier ou toutes sortes de matériaux qu'on ne transporte habituellement par le rail », explique Laurent Brun, secrétaire général de la fédération CGT des Cheminots. « Sans industrie, on ne peut pas alimenter la population, par exemple aujourd'hui, c'est l'industrie sucrière est en danger », ajoute Julien Huck, secrétaire général de la CGT de l’agroalimentaire et de la forêt.

Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots

Maurad Rabhi, secrétaire général CGT Textile, Habillement, Cuir

Julien Huck, secrétaire général de la CGT Agroalimentaire et Forêt

Automobile : le temps des grandes manœuvres

Or au niveau des filières, professions et territoires, des idées et des alternatives sont travaillées par la CGT. Il s'agit ni plus ni moins que de développer une stratégie industrielle alternative à celle qui a conduit aux délocalisations massives, à la dépendance industrielle et à la perte de 750 000 emplois ces dix dernières années.

« Le plan de relance se traduit par un plan de casse »

« Partout, nous sommes confrontés à des choix stratégiques des grands groupes qui ont bénéficié de sommes faramineuses. Le plan de relance du gouvernement se traduit sur le terrain par un plan de casse … au lieu de servir à l'emploi, l'argent public sert à délocaliser et fragiliser les réseaux de sous-traitance » attaque Frédéric Sanchez, secrétaire général de la fédération CGT Métallurgie. Et de déplorer notamment les pénuries actuelles en matière de fourniture de composants électroniques, lesquelles sont aujourd'hui fabriquées essentiellement en Chine et provoquent des ruptures de chaînes dans les industries en France.

Bruno Bothua, secrétaire général de la CGT Bois, Construction, ameublement

Mohammed Oussedik, secrétaire général CGT Verre et Céramique

Audio – Total Grandpuits : éviter des risques industriels et environnementaux

Développer la notion de filière et conditionner les aides

« Nous demandons que les aides publiques ne soient pas uniquement destinées aux grands groupes, mais soient fléchées vers des PME-TPE en matière de R&D et y compris d'investissements pour de nouveaux produits. Par ailleurs, nous demandons une conditionnalité des aides publiques, avec le cas échéant demander leur remboursement. Et en matière démocratique, nous réclamons la création de comités inter-entreprises pour que les représentants des salariés de la sous-traitance puissent avoir une visibilité de la stratégie des grands groupes et intervenir », précise Philippe Martinez. « Si on ne redresse pas l'industrie, on ne redressera pas l'économie. La preuve l'Allemagne ne s'est pas désindustrialisée, or nous avons délocalisé au point de ne plus pouvoir fournir des masques et autres. Ce modèle développement est incompatible à la réponse aux besoins sociaux et incompatible aux défis environnementaux. On délocalise alors que les besoins sont ici », enchaîne Marie-Claire Cailletaud, présidente du groupe CGT au CESE.

Lors de la conférence de presse, les responsables des différentes fédérations CGT ont fait part de toute une série de projets industriels portés par la CGT ; le plan d'avenir sur les industries du Verre et céramique, les 13 propositions pour le fret ferroviaire, le projet imagerie médicale dans la santé, le projet d'avenir de la centrale de Gardanne, les propositions pour l'automobile, l'aéronautique, la filière papier etc. Les lecteurs réguliers de la NVO ont déjà un aperçu de la plupart de ces projets, certains étant élaborés et portés depuis parfois plusieurs années. Sans doute aurons nous l'occasion d'y revenir prochainement et au fur et à mesure que cette campagne industrie sera mise en œuvre dans les différents territoires.

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