-->
À venir
Votre identifiant correspond à l'email que vous avez renseigné lors de l'abonnement. Vous avez besoin d'aide ? Contactez-nous au 01.49.88.68.50 ou par email en cliquant ici.
HAUT
RETRAITES

La CGT signe l’accord Agirc-Arrco : une première depuis 20 ans

25 octobre 2023 | Mise à jour le 25 octobre 2023
Par | Photo(s) : Emmanuel DUNAND / AFP
La CGT signe l’accord Agirc-Arrco : une première depuis 20 ans

Tous les 4 ans se réunissent organisations syndicales et patronales pour négocier les règles du pilotage du régime de retraites complémentaires du privé, l'Agirc-Arcco. Cette année la CGT a signé l'accord, motivée par l'obtention de la revalorisation de 4,9% des pensions mais aussi par l'offensive du gouvernement souhaitant ponctionner dans les caisses du régime.

Les résultats tombent enfin ! Alors qu'elle s'était donné jusqu'au 25 octobre pour donner sa position, le temps de consulter ses organisations, la CGT a décidé d'apposer sa signature sur  l'accord Agirc-Arcco, le régime de retraite complémentaire des salariés du privé, à 56 voix pour et 32 contre. Une première depuis 1993 ! Plusieurs raisons viennent expliquer cette décision. D'emblée, c'est évidemment la revalorisation de 4,9 % des pensions du régime Agirc-Arrco et la suppression du « malus » (qui visait à inciter les salariés à travailler un an de plus), obtenus dans la nuit du 4 au 5 octobre 2023, lors de la dernière séance de négociations. Mesures qui seront effectives à partir du 1er novembre 2023. L'autre raison et pas des moindre est l'annonce ubuesque du gouvernement de ponctionner dans les finances du régime de retraites complémentaire.  Le ministre du travail Olivier Dussopt, tente de justifier cette ponction (estimée de 1 à 3 milliards d'euro par an) arguant que cet argent devra aider le financement des pensions de retraites les plus faibles du régime général. Un argument non recevable pour les organisations syndicales et même du patronat (Medef) qui pilotent le régime Agirc-Arcco.

« C'est leur réforme qui a fragilisé les retraites » 

« Le gouvernement trouve que l'accord est trop bon pour les retraités et il ne semble pas prêt à financer les 10 à 100 euros d'amélioration du minimum contributif annoncé cet été. Alors il décide de piquer dans les caisses de retraite du privé. Justifiant que c'est pour améliorer le financement des petites retraites du régime général. Mais cela n'améliore rien du tout étant donné que c'est leur réforme qui a fragilisé les retraites. C'est ce qui nous a résolu à signer l'accord de 2023, l'action du gouvernement d'un côté et l'obtention des 4,9 % de l'autre, soit le niveau de l'inflation. » explique Denis Gravouil membre du bureau confédéral. Dans un communiqué, la CGT se félicite «d'avoir contribué à empêcher le gouvernement de déposer cette semaine un amendement au PLFSS prévoyant cette ponction ».  Géré par les syndicats et les organisations patronales, le régime dégage aujourd'hui des réserves de financement s'élevant à 68 milliards d'euros. C'est ce « surplus » de trésorerie qui suscitait  la convoitise du gouvernement.

Vers un nouveau chantage ?

Pourtant ces réserves pourraient surtout avoir une utilité lors de crises, sanitaire par exemple. Malgré ce premier recul du gouvernement, la CGT reste pourtant sur ses gardes et estime que le geste de l'exécutif est : « un repli tactique face au risque d'une motion de censure des député.es. En effet, le gouvernement relance son chantage sur les acteurs sociaux. Il menace, si une nouvelle négociation ne débouche pas sur cette ponction, de déposer cet amendement d'ici au mois de décembre, avant la fin de l'examen du PLFSS. La CGT le rappelle fermement : elle refusera de négocier le fusil sur la tempe », poursuit l'organisation dans le même communiqué.

Hier, à l'appel de l'intersyndicale UCR-CGT, UCR-FO, CFTC, CFE-CGC, FSU, Solidaires, FGR- FP, LSR et E & S-UNRPA, les retraités étaient par ailleurs appelés à manifester partout en France pour revendiquer une augmentation immédiate des pensions de retraite du régime général de 10 %. Le gouvernement prévoyant une hausse de 5,2% à partir de janvier 2024, beaucoup estiment ce montant insuffisant compte-tenu de l'inflation toujours bien présente.