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ALGÉRIE

La mobilisation massive contre la candidature de Bouteflika ne faiblit pas

11 mars 2019 | Mise à jour le 11 mars 2019
Par | Photo(s) : Ryad Kramdi / AFP
La mobilisation massive contre la candidature de Bouteflika ne faiblit pas

À Alger, le 8 mars, manifestation de la population contre un 5e mandat du président Bouteflika

L'annonce par le FLN de la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à l'élection présidentielle d'avril prochain en Algérie a cristallisé les colères de la population algérienne. Le président Abdelaziz Bouteflika, âgé de 82 ans, est gravement malade et n'est plus apparu dans les médias depuis un accident vasculaire cérébral en 2013.

La jeunesse est descendue massivement dans les rues de nombreuses villes du pays contre un cinquième mandat de Bouteflika, et les manifestations se succèdent jour après jour depuis février, plusieurs professions (journalistes, universitaires, avocats…) participant à leur tour au mouvement de protestation. La promesse du candidat d'organiser, en cas de victoire, une nouvelle élection présidentielle anticipée à laquelle il s'engage à ne pas se représenter, et à instaurer une nouvelle Constitution soumise à un référendum populaire, n'a pas calmé l'exaspération.

Une mobilisation historique

Depuis le soulèvement populaire d'octobre 1988, qui avait subi une répression massive mais contraint le pouvoir à accepter le multipartisme, l'Algérie n'avait pas connu une telle mobilisation, large et durable, qui a surpris le régime.

Cette candidature a été perçue comme l'humiliation de trop pour la population. Les manifestations, pacifiques, grandissent sur fond de crise économique et sociale, de corruption, ainsi que d'arbitraire et de surveillance policière. Le chômage touche plus d'un quart des Algériens de moins de trente ans.

Crise économique et prédation de la rente pétrolière

Si la hausse des cours du pétrole jusqu'en 2014 avait permis à l'État d'effacer sa dette et d'engager de grands projets de construction d'infrastructures, la chute des cours a depuis plongé le pays dans la crise, d'autant qu'il n'est pas sorti de sa dépendance au pétrole. Le régime a décidé d'accentuer sa politique d'austérité, et l'inflation nourrit la pauvreté. De plus, la population accuse le pouvoir de prédation de la rente pétrolière.

Reste que celui-ci continue de bénéficier du soutien de l'armée et d'une partie du patronat et tente aujourd'hui de jouer la peur, quelque vingt ans après la fin de la « décennie noire » de la terreur. Par ailleurs, à l'exception de l'islam politique, l'opposition souffre d'un profond morcellement. Mais, descendue spontanément dans la rue, la population – et notamment la jeunesse – semble, au moins, avoir vaincu la peur.