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Le 9 avril: ça se prépare

13 mars 2015 | Mise à jour le 15 mars 2017
Par | Photo(s) : Bapoushoo
Le 9 avril: ça se prépare

La CGT appelle à une journée d'action le 9 avril avec des arrêts de travail dans les entreprises et une manifestation nationale à Paris. À quelques jours de l'échéance, les AG se multiplient dans les territoires. Comment la décision nationale se décline-t-elle localement? Pour prendre la température, la NVO s'est invitée à l'assemblée de militants de l'union locale CGT de Saint-Quentin (02) le 12 mars dernier.

Saint-Quentin, une ville de 60000 habitants dans le département de l'Aisne est à la croisée de nombreux traumatismes. Son industrie principale, le textile, a été décimée progressivement jusqu'à la fin des années 1990. La ville, malgré le récent développement de zones commerciales, n'a jamais pu de se remettre des 2500 emplois perdus dans cette industrie. Certes, il demeure quelques usines de métallurgie, MBK, Faurécia, ou encore des filiales de l'Oréal dans les cosmétiques, mais désormais, les salariés sont présents dans la fonction publique, à l'hôpital, chez les territoriaux. Et ils sont de plus en plus nombreux à effectuer quatre heures de transport quotidien pour aller travailler à Paris. Avec 17% de taux de chômage, un maire UMP, Xavier Bertrand, qui s'est illustré en 2012 en expulsant les syndicats de leur bourse du travail, il faut du courage aux syndicalistes pour reprendre la main, relancer une activité et préparer l'action nationale de la CGT le 9 avril.

LA CGT RELÈVE LA TÊTE

N'ayant plus de locaux suffisamment accueillants, c'est dans une salle de la mairie annexe que les militants se retrouvent. Et les conversations vont bon train. «Vous avez vu, ils vont faire à Toulouse la même chose que chez nous. Notre bourse du travail datait de 1895…» s'insurge Patrick Dupont, secrétaire de l'union locale CGT, faisant allusion au fait que là aussi un autre maire UMP veut expulser les syndicats de leur bourse du travail historique. La résignation n'est cependant pas à l'ordre du jour, et les retraités qui ont l'habitude de distribuer des tracts CGT à la gare sont loin d'être les derniers à vouloir bouger. En témoigne Marcel: «Mardi dernier, il y a eu une manifestation à Villeneuve d'Ascq avec 400 retraités du Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Ces régions, avec l'Aquitaine, sont les plus touchées par les retards de traitement des dossiers des nouveaux retraités. On remet ça le 17 mars à Saint-Quentin avec un rassemblement à 10h30 à la Carsat, et il y a aussi la remise en cause des complémentaires…» Pour Marcel, la mobilisation du 9 est aussi un moyen de lutter contre la montée du FN, danger qu'il pressent de plus en plus au vu de ce qui se dit autour de la campagne électorale en cours.

UN CUMUL DE MÉCONTENTEMENTS

Yvon, le secrétaire des communaux, explique de son côté que ce qui scandalise actuellement les personnels territoriaux est la mise en place d'un système de géolocalisation des véhicules et des pointeuses, bref un arsenal de flicage. Cela a eu pour effet de rencontrer les autres syndicats des territoriaux et d'engager la partie sur le 9 avril. Un salarié de Savelys (réparations de chaudières) déplore lui aussi ces systèmes de contrôle qui suscitent la colère. Ludovic, délégué chez MBK (550 salariés dont 200 intérimaires) estime de son côté que le principal sujet demeure l'emploi et d'instabilité permanente dans laquelle vivent les salariés. Chez L'Oréal, la CGT voudrait aussi mobiliser sur les salaires, mais il y a un problème: «Les salariés ont les yeux rivés sur l'intéressement dont dépendent le versement de primes. Si les chiffres sont mauvais, on mobilisera, sinon, ce sera plus difficile…»

ON S'ORGANISE SANS ATTENDRE

Guy Fontaine, secrétaire général de l'UD CGT note que le 17 mars peut être un bon prélude au 9 avril et informe que, de ce point de vue, les choses sont bien engagées «Nous venons de rencontrer les UD FO, Sud et Solidaires qui sont d'accord pour aller ensemble à Paris. Tout cela montre que cette action nationale est attendue. Il faut aussi souligner qu'il y a des avancées puisque ça fait très longtemps que les territoriaux n'avaient pas rencontré les autres syndicats. Même si les salariés de L'Oréal sont pour l'heure réticents, la CGT vient d'y progresser fortement. Il faut bien partir des réalités de chacun pour réussir le 9 avril, et j'espère qu'il y aura des appels à la grève.»
Dans l'Aisne, des mesures d'organisation ont été prises, du matériel envoyé avec des listes d'inscriptions qui se remplissent pour affréter des cars. Il reste trois semaines pour mobiliser à Saint-Quentin et partout ailleurs en France.