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VACANCES

Le tourisme social ce n’est pas du low cost

14 juillet 2015 | Mise à jour le 27 décembre 2016
Par | Photo(s) : Mychele Daniau/AFP
Le tourisme social ce n’est pas du low cost

Une personne sur deux ne part pas en vacances. À l'ANCAV-Tourisme et Travail, on travaille pour que le droit aux vacances soit une réalité pour tous. Entretien avec Gilles Pinato, président de l'ANCAV-TT.

NVO : Qu'est-ce que l'ANCAV-TT ?

Gilles Pinato : L'ANCAV-TT est une émanation de Tourisme et Travail. Un organisme qui a été pensé et crée en 1944 avant même la Libération de Paris. Malgré la dureté de l'époque, des Résistants syndiqués se sont posé la question du droit aux vacances pour tous. Tourisme et Travail est né de ces échanges et a été porté par la CGT.
Après sa faillite dans le milieu des années 80, la Confédération a décidé de continuer cet idéal en créant, en 1985, l'Association nationale de coordinations des associations de vacances – Tourisme et travail (ANCAV-TT) et en la dotant d'un outil technique : Touristra.

NVO : Que représente l'ANCAV aujourd'hui ?

L'ANCAV possède une branche patrimoine importante puisqu'elle coordonne 44 villages vacances et confère la gestion de 20 autres Villages Vacances à Touristra. Et nous continuons de nous agrandir et de diversifier notre offre avec, dernièrement, la signature de la promesse de vente d'un Village Vacances à La Palmyre. Nous souhaitons mieux faire connaître ce patrimoine social mutualisé afin qu'il soit encore plus utilisé.

Qu'est-ce qui fait vraiment la plus-value d'un Village Vacances par rapport à un autre centre ?

Quelque 300 comités d'entreprises ont investi dans la pierre. Ils ont permis de financer ce patrimoine social mutualisé directement. En retour, les salariés qui dépendent de ces CE bénéficient d'une réduction allant jusqu'à 30 % sur la prestation achetée. On appelle ça le prix associé. Mais le tarif ne fait pas tout. Nous mettons aussi un point d'honneur à proposer des animations et une restauration de qualité.
Plus largement, dans certains territoires nous sommes le premier employeur. Nos salariés bénéficient de la convention collective du tourisme social qui est la plus protectrice du secteur. Enfin, les Villages Vacances sont ouverts sur le territoire et encouragent la culture, le sport, la rencontre et l'échange entre les populations, entre les générations pour permettre une vraie mixité sociale. Venez et vous verrez que l'accueil, l'ambiance y sont différents !

La limite du tourisme social n'est-elle pas cependant de toucher les salariés des entreprises possédant un CE et de laisser les autres de côté ?

Non, car la notion de droit aux vacances pour tous guide en permanence notre démarche. Je connais les chiffres : plus de 50 % des gens ne partent pas en vacances et cela monte à 60 % pour les personnes touchant 1 200 euros par mois. À l'ANCAV, nous sommes bien placés pour savoir que le gouvernement, malgré sa loi anti-exclusion, malgré ses lois sur l'économie sociale et solidaire n'agit pas assez dans ce domaine.
Sur ces 50 à 60 % de non-vacanciers, beaucoup travaillent dans des TPE/PME et ne bénéficient d'aucune aide au départ. Nous avons lancé la Carte loisir pour permettre aux salariés, aux retraités et privés d'emplois d'utiliser également ce patrimoine mutualisé. Il suffit de vouloir la prendre (elle coûte 37 euros à l'année, NDLR) et elle vous permettra de bénéficier de prix attractifs, plus de 2 500 réductions dans toute la France sur les parcs, les cinémas, le sport, la culture… »