Le travail ça se paye : la CGT revendique une augmentation du smic de 20 %
Stigmatisés comme ennemis de l’emploi, les salaires sont soumis à une cure d’austérité depuis trois décennies. Aux revendications salariales, Emmanuel Macron répond par des mesures sur le pouvoir d’achat pour ne pas poser les questions qui fâchent : l’augmentation des salaires
Publié le 24 avril 2019
Stigmatisés comme ennemis de l’emploi, les salaires sont soumis à une cure d’austérité depuis trois décennies. Aux revendications salariales, Emmanuel Macron répond par des mesures sur le pouvoir d’achat pour ne pas poser les questions qui fâchent : l’augmentation des salaires, notamment du Smic, et la reconnaissance des qualifications.
« Nous devenons un pays de bas salaires », déplorait le secrétaire général de la CGT au micro de France Info lors de la journée nationale de mobilisation interprofessionnelle du 19 mars. « On peut travailler et ne pas se loger, ne pas manger à sa faim, c’est quand même quelque chose d’inadmissible », ajoutait Philippe Martinez, qui enjoignait le gouvernement d’augmenter le Smic de 20 %.
D’une certaine manière, le mouvement des gilets jaunes porte « en creux » la question salariale, car si l’étincelle en a été l’augmentation des taxes sur les carburants, c’est bien parce que les citoyens les plus modestes ne parviennent plus à vivre des revenus de leur travail une fois honorées leurs dépenses contraintes.
Pourtant, la plateforme des gilets jaunes, fin novembre 2018, ne comportait que deux références aux salaires : un Smic à 1 300 euros net (il est à 1 171,34 € net depuis le 1er janvier) et un salaire maximum de 15 000 euros. Mais ce mouvement social se joue hors de l’entreprise et des syndicats, il n’aborde pas frontalement la question du partage de la richesse créée par le travail. Or le premier acte de ce partage, c’est le versement du salaire, décomposé en salaire direct et salaire socialisé.
De fait, si l’on se réfère à la notion même de salaire (brut et net), on peut dire que Macron a fait baisser les salaires. Ses mesures contribuent à fausser la notion même de salaire et à extraire une part des revenus d’activité de l’entreprise. Par la même occasion, elles exonèrent les entreprises, où se créent les richesses, de leur contribution à la redistribution sociale et fiscale.
Elles assèchent les recettes des régimes de protection sociale et siphonnent le budget national pour compenser la faiblesse des salaires. Par ailleurs, à cause des effets de seuil, cela exclut un grand nombre de salariés qui perçoivent un salaire qui reste insuffisant pour vivre correctement et pour rétribuer leurs compétences, leurs qualifications, leurs responsabilités.
On peut ajouter que cela permettrait également d’augmenter les recettes fiscales de l’État, tout comme les cotisations sociales salariales et patronales. Ni le gouvernement, ni les penseurs libéraux qui professent l’austérité salariale et la baisse du coût du travail ne sont en capacité d’en expliquer les bénéfices. Et pour cause, cette politique austéritaire n’a permis de sauver aucun emploi. Pire, elle contribue à en détruire. Elle a considérablement amplifié les inégalités sociales. Il est urgent de réinscrire notre pays, de même que ses voisins européens, dans un cercle plus vertueux.
https://www.nvo.fr/reconnai%CC%82tre-et-payer-les-qualifications-pour-lutter-contre-le-declassement/
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