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Les résiniers pas résignés

1 avril 2015 | Mise à jour le 14 mars 2017
Par | Photo(s) : DR
Les résiniers pas résignés

En Aquitaine, le gemmage a une longue histoire. Mais il se pourrait aussi qu'il ait un très bel avenir. La CGT y travaille d'arrache-pied.

Art. paru dans la NVO n° 3537 de mars 2015

La gemme, quèsaco ? Rien de bien savant en vérité. Issu d'une incision pratiquée dans les pins, ce cicatrisant végétal permet une fois distillé de produire, d'un côté, de l'essence de térébenthine, de l'autre, la colophane. L'essence de térébenthine est un puissant solvant utilisé notamment dans la peinture, les parfums, le cirage… La colophane se retrouve dans la colle et de nombreux produits dérivés.

C'est dans les années 1930 que la profession de gemmeur connaît son apogée. Parmi les quelque 30 000 résiniers recensés en France en 1934, 20 000 sont localisés en Aquitaine. La région dispose, en effet, et jusqu'à ce jour, de la plus grande forêt cultivée de pins maritimes d'Europe. Exercée essentiellement par des métayers, l'activité a cependant quasiment disparu au tournant des années 1980. Le métier est saisonnier, difficile, mal rémunéré, mais il fait partie de la culture sociale régionale avec de nombreuses luttes qui ont marqué l'histoire de la région. À une certaine époque, il existait même une fédération CGT des gemmeurs.

LA CGT POUR LE GEMMAGE DU XXIE SIÈCLE

C'est une des principales avancées du travail engrangée par la CGT Région depuis la relance du Cérésa, la création d'un observatoire de la filière bois et la constitution de l'association Gemme la forêt d'Aquitaine, qui rassemble syndicalistes, représentants de l'État et employeurs. Le constat du potentiel est lui aussi très simple : dans les années 1990, la gemme se négociait aux environs de 250 euros la tonne. On la trouve aujourd'hui sur le marché aux alentours de 1 500 euros. Ça change tout. D'autant qu'il existe aujourd'hui des procédés d'extraction du produit bien plus efficaces que par le passé. Le projet biogemme piloté par un pole de compétitivité nommé Xylofutur a mis au point des outils très performants pour récolter la ­résine. Le produit et son utilisation donnent aussi lieu à de nouvelles recherches dans le domaine de la biodiversité et de la chimie verte. Des innovations technologiques sont possibles à partir de la résine, mais aussi des fibres de bois, et du bois dans toutes ses dimensions.

Après avoir obtenu une étude de l'Insee (1) sur les potentialités de la filière bois en région, l'idée vient d'un travail plus permanent sur sa réactualisation. L'association Gemme la forêt d'Aquitaine envisage d'embaucher une personne chargée d'observer l'évolution du produit au niveau européen et mondial afin de poursuivre le travail de faisabilité de la relance du gemmage en Aquitaine. « Nous avons le produit, les femmes et les hommes. Une subvention a été accordée par le conseil général des Landes », s'enthousiasme Alain Delmas. Reste à doter les futurs salariés de la filière d'un statut social digne de notre époque. Pour la CGT, c'est la condition sine qua non qui permettra d'ouvrir un avenir à cette industrie.
1. L'étude Insee sur la filière bois en Aquitaine est consultable sur www.insee.fr/fr

La gemme en chiffres

Production
Avec 710 000 tonnes, la Chine est de loin le premier producteur mondial.
La consommation actuelle de l'Europe est d'environ 220 000 tonnes.

La forêt de Gascogne produisait 151 000 tonnes en 1921.

La France n'en produit quasiment plus depuis les années 1990 et doit donc importer toute sa consommation.
Prix (à la tonne)
1960 : de 300 euros à 400 euros.
1990 : environ 250 euros.
2011 : 2 400 euros.
2013 : 1 500 euros.