L’État directement interpellé pour empêcher le démantèlement de Nokia France
Vent debout contre un quatrième PSE en quatre ans, l’intersyndicale CFDT-CGT-CFE-CGC de Nokia France a rassemblé un millier de militants et salariés devant l’ambassade de Finlande à Paris, avant d’être reçue par la nouvelle ministre en charge de l’industrie.
Publié le 10 juillet 2020
De Lannion à Nozay, la colère gronde chez les sacrifiés de Nokia France. Convergeant à Paris sur l’esplanade des Invalides, proche de l’ambassade de Finlande, près d’un millier de salariés se sont rassemblés, mercredi 8 juillet. Ils protestaient contre un quatrième plan social supprimant 1 233 emplois et dénonçaient le démantèlement total de la filière R&D, pourtant largement subventionnée par l’État.
Arrivés à Paris depuis Lannion (Bretagne) mercredi 8 juillet, 400 salariés de Nokia ont manifesté depuis la gare Montparnasse jusqu’à l’esplanade des Invalides en clamant ce refrain : « Nokia, ton plan, on n’en veut pas ! » Avec eux, trois élus des Côtes-d’Armor venus interpeler le président Emmanuel Macron et la nouvelle ministre de Bercy en charge de l’industrie, Agnès Pannier-Runacher, qui devait recevoir une délégation intersyndicale CFDT-CGT-CFE-CGC au cours de l’après-midi.
Éric Bothorel député des Côtes-d’Armor
Avec leurs collègues du site de Nozay (Essonne) et divers élus (Fabien Roussel, PCF ; Éric Coquerel et Mathilde Panot, LFI) qui les attendaient sur place, ils ont alterné les prises de parole au micro afin d’exprimer tour à tour leurs revendications. Sans surprise, l’intersyndicale dénonce et rejette en bloc le plan de licenciement annoncé le 22 juin par la direction de Nokia France. Lequel vise à supprimer une partie substantielle des emplois de la branche internationale d’Alcatel-Lucent et, en l’occurrence, 1 233 postes en France, soit, 402 à Lannion et 831 à Nozay.
C’est le 4e plan social en quatre ans depuis le rachat d’Alcatel-Lucent par Nokia et c’est, à l’évidence, le PSE de trop, incompréhensible et inacceptable pour les salariés comme pour les élus.
Claude Josserand, CGT Nokia Nozay
« Who’s next ? » (« Qui sera le prochain ? ») ; « Embauché en mars, débauché en juin » ; « 280 millions d’euros de CIR pour financer la fin de Nokia France » ; ou encore, « Nokia Firing People » (« Nokia licencie des gens »), en écho ironique avec le slogan de la firme « Nokia Connecting People »…
Les pancartes arborées par les militants illustrent bien l’état d’esprit général, de colère et à l’offensive contre la direction de Nokia et le gouvernement français. En particulier, contre le président Emmanuel Macron qui, lorsqu’il était ministre de l’Économie, avait organisé et facilité la cession d’Alcatel-Lucent à Nokia en assurant aux syndicats que les 4 200 emplois de l’époque seraient maintenus, voire que la vente du fleuron français des Télécoms à son homologue finlandais permettrait de renforcer la position de Nokia dans le cadre du très concurrentiel marché de la 5 G.
Or, en quatre ans à peine, 1 200 salariés ont déjà été licenciés. En supprimer 1 233 supplémentaires, dont plus de la moitié des effectifs du site de Lannion et un bon tiers de celui de Nozay, il y a en effet de quoi enrager.
https://nvo.fr/nokia-lamine-sa-recherche-et-developpement-en-france/
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