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ENTRETIEN

Libertés syndicales : « La solution ? S'organiser ! »

3 février 2026 | Mise à jour le 30 janvier 2026
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Libertés syndicales : « La solution ? S'organiser ! »

Manifestation departementale CGT pour les emplois industriels , Montlucon le 23/11/24

Secrétaire général de l'union départementale des Alpes-Maritimes de 2013 à 2023, et secrétaire confédéral chargé de la lutte contre les discriminations, Gérard Ré dénonce une répression syndicale accrue depuis les mobilisations contre la loi Travail, en 2016. 

Qui est concerné par cette répression syndicale ? 

Suite aux puissantes mobilisations contre la « réforme » des retraites en 2023, mille camarades ont fait l'objet de procédures judiciaires et/ou disciplinaires. Depuis, on a dépassé ce chiffre. Les camarades de l'énergie sont particulièrement concernés. Comme leur outil de travail est le réseau, les modes d'action décidés en assemblée générale consistent à provoquer des coupures, basculer des quartiers populaires en heures creuses, etc. Ce n'est pas du sabotage, tout est fait en sécurité. Mais à chaque fois, quinze à vingt militants sont poursuivis par la justice. 

Sur quoi débouchent ces poursuites ? 

En général, des relaxes sont prononcées dans les affaires de diffamation. Il y a aussi des amendes et jusqu'à deux ans de prison avec sursis. Il y a quelques années, on n'aurait jamais imaginé finir au tribunal pour ce type de prise de position ou d'action.  

Quand est-ce que ça a changé ? 

La bascule date de la loi Travail, en 2016. La politique répressive s'est durcie à l'encontre des manifestations, avec des nasses et des violences policières très régulières contre les cortèges syndicaux, ainsi qu'une succession d'interdictions de manifester. Depuis la loi « pour une sécurité globale » promulguée en 2021, le préfet a davantage de possibilités d'interdiction de manifester. En matière de violence, ce qui est arrivé à Geneviève Legay (manifestante grièvement blessée par une charge policière à Nice en 2019, NDLR) est symptomatique. Ce jour-là, la répression a été d'une violence inouïe pour un rassemblement (interdit) de quinze personnes ! 

Qu'en pensent les autres syndicats ? 

La CFDT et Solidaires, qui fait face à une forte répression, partagent nos inquiétudes. Mais j'ai l'impression que la CGT est ciblée particulièrement. C'est la seule organisation syndicale de masse en capacité d'organiser de grandes mobilisations et implantée dans quasiment tous les secteurs. 

Quel est l'impact de cette répression sur les militants ? 

Ça marque surtout ceux qui ne le sont pas, qui hésitent à aller manifester. On nous demande beaucoup plus souvent si la manifestation a été autorisée ou pas. Il y a une forme d'autocensure qui germe inconsciemment. 

Comment faire face ? 

La solution, c'est de s'organiser. Lutter avec un syndicat permet d'être protégé : nous avons les outils pour nous défendre et défendre nos libertés publiques. Il y a une vraie résistance qui se met en place malgré la répression. D'ailleurs, nous avons constaté un regain du syndicalisme depuis la lutte contre la « réforme » des retraites. La CGT a enregistré une hausse de 2,5 % de ses effectifs entre2022 et2024, et de 14 % spécifiquement chez les ingénieurs, cadres et techniciens.