À venir
Votre identifiant correspond à l'email que vous avez renseigné lors de l'abonnement. Vous avez besoin d'aide ? Contactez-nous au 01.49.88.68.50 ou par email en cliquant ici.
HAUT
Décryptage

Libertés syndicales : les bourses du travail attaquées

2 février 2026 | Mise à jour le 30 janvier 2026
Par | Photo(s) : REMY GABALDA / AFP
Libertés syndicales : les bourses du travail attaquées

Un spectacle à la bourse du travail de Toulouse.

Nées après la loi Waldeck-Rousseau de 1884, les bourses du travail sont rapidement devenues de vrais bastions pour les droits des travailleurs. Grâce à leur maillage serré de l’ensemble du territoire, elles ont même été le moteur des grands mouvements ouvriers et populaires du XXe siècle. Indispensables, alors, les bourses du travail ? Oui, sauf que… soumises au bon vouloir des municipalités, une trentaine d’entre elles sont aujourd’hui en péril. Explications.

Lieux de lutte et d'organisation de l'action syndicale par excellence, les bourses du travail émergent dans le sillage de la loi Waldeck-Rousseau de 1884 qui autorise la création de syndicats de salariés. La CGT s'en empare dans la foulée pour en faire de véritables forteresses ouvrières. Aujourd'hui, il y en a presque une dans chaque ville. Financées au bon vouloir des municipalités, les bourses du travail sont le foyer des syndicats et des travailleurs. Elles ont vu l'émergence de vastes mouvements de contestation, comme les grandes luttes sociales de 1936, et ont été des lieux de résistance dans les années 1940. Plus récemment, celle de Paris a été occupée par des travailleurs sans papiers entre 2008 et 2009. Pourtant, et ce, à travers toute la France, l'historienne Danielle Tartakowsky estime que l'existence d'une trentaine d'entre elles est menacée, dont plusieurs en Île-de-France.

Des motifs idéologiques et financiers

« Actuellement, il y a une attaque en règle contre les bourses par des municipalités, souvent de droite, qui veulent les fermer, des maires qui refusent de reconduire les conventions d'occupation des locaux ou qui augmentent considérablement les loyers », expliquait-elle dans les colonnes de Rue89Lyon. Déjà, trois ont fermé, comme au Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, en 2015, où le nouveau maire (de droite) a décidé de récupérer les locaux afin d'en faire une « maison de quartier ». En décembre dernier, celle d'Aubervilliers a échappé in extremis à la fermeture. Contrairement à ce qui avait été promis par le maire LR de Nice, Christian Estrosi, les syndicats n'ont jamais pu réintégrer le bâtiment historique de la bourse du travail à la fin des travaux de rénovation.

Quand ce n'est pas pour des motifs idéologiques, c'est souvent pour des raisons financières. De 2003 à 2025, un conflit a opposé les syndicats à la mairie de Châteauroux, qui leur réclamait le paiement des loyers de la Maison des syndicats – équivalent local de la bourse du travail. Après vingtans de procédure, un accord a été trouvé. Certaines municipalités y voient aussi l'opportunité de créer des logements dans des villes où le marché de l'immobilier est tendu. C'est ainsi que, l'an dernier, la mairie de Paris a tenté de transformer une partie de la bourse du travail en logements sociaux.