
La CGT refuse l’austérité budgétaire
Déterminée à peser sur les projets de loi de finance (PLF) et de financement de la sécurité sociale (PLFSS) en cours de discussion au parlement, la CGT a appelé ses... Lire la suite

Des manifestants milanais le 31 janvier.
20000 manifestants selon les organisateurs, quelques milliers, ou plusieurs centaines, selon d'autres observateurs. Une chose est certaine : la participation « a dépassé les attentes », comme le souligne Luca Stanzione, le secrétaire général de la Confédération générale italienne du travail (CGIL) de Milan. Le 26 janvier, celui-ci avait prévenu: « Si la présence de l’ICE est confirmée, nous serons contraints de nous mobiliser pour protéger la sécurité des personnes qui vivent et travaillent à proximité des Jeux olympiques. Car les images qui nous parviennent des États-Unis nous inquiètent tant pour ce qui s’y passe, entre violences et meurtres d’État, que pour ce qui pourrait se passer ici. ».
Le 24 janvier, les révélations du quotidien Il Fatto quotidiano sur la présence de cette police aux Jeux olympiques d'hiver, qui auront lieu en Lombardie et dans la Vénétie du 6 au 22 février, avaient suscité une grande indignation dans le pays. D'autant plus que dans un premier temps le ministre de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, déclarait n'avoir aucune information à ce sujet.
Après la confirmation, le 27 janvier, par un porte-parole de l'ICE à l'AFP, l'ambassade américaine a assuré que le Homeland Security Investigations (HSI), la branche de l’ICE qui interviendra en soutien du Service de Sécurité Diplomatique américain, maintiendrait ses agents confinés dans la salle des opérations du consulat américain à Milan. Pas rassurés pour autant, la CGIL, le Parti Démocrate (PD), d'autres partis de la gauche et des associations de la société civile milanaise, ont appelé à un flash-mob pour le 31 janvier sous le slogan « Agenti ICE a Milano ? No grazie».
Du PD au Movimento 5 Stelle, de Giovani democratici à Alleanza Verdi Sinistra en passant par Patto Civico et Azione, toute l'opposition au gouvernement Meloni a répondu présente sur la Piazza XXV Aprile (place célébrant la date de la libération de l'Italie du fascisme). En plus de la CGIL, de nombreuses associations, et des milanais de toutes origines, ressortissants américains y compris, s'y sont rassemblées pour dire « Non » à l'ICE et à son monde.
Sur les pancartes, les jeux des mots abondent – de « ICE only in the spritz », l'apéritif italien par excellence, à « Mein Trumpf » -, d'autres arborent les anneaux olympiques sous forme de menottes avec le slogan « No ICE in Milano ». La solidarité avec Minneapolis se voit aussi sur les pancartes et à travers la présence des sifflets entre toutes les lèvres, hommage aux« observateurs » de Minneapolis qui les utilisent pour signaler la présence d'agents de l'ICE dans les quartiers. Tandis que Streets of Minneapolis, la chanson anti-ICE de Bruce Springsteen résonne avec Bella Ciao et El pueblo unido jamás será vencido, célèbres hymnes antifascistes…
Pour le conseiller régional du Patto Civico, une groupe d’associations citoyennes émargeant au centre gauche, Luca Paladini, le sens profond de cette manifestation est de rappeler que « partout dans le monde où les droits humains sont bafoués, il y aura toujours quelqu'un qui descendra dans la rue dire non ». Il ne peut pas y avoir d'accoutumance à la violence, insiste-t-il : « Nous ne nous résignons pas à un monde où le tyran a le dernier mot ». Et d'alerter sur la droite italienne qui voit dans l'ICE un modèle d'action contre l'immigration: « Ils sont en train de prendre des notes pour le répliquer ici, à force de décrets-lois sécurité, et feront en sorte que personne ne puisse plus se sentir en sûreté nulle part. ».
Francesca Cucchiara, conseillère municipale d'Europa Verde, et Verdi Milano, dans son discours, poursuit: « Ils ont essayé de promouvoir un système de sécurité violent comme celui de Trump et nous devons leur dire que nous ne voulons pas de fascistes ici, qu’ils doivent quitter notre pays, dehors l’ICE de Milan et dehors les fascistes de notre pays, de nos institutions”. »
Luca Stanzione, secrétaire général de la CGIL de Milan, fustige « une droite incapable de lever le petit doigt, de se redresser. Une droite qui occupe les institutions du pays mais incapable d’affirmer les valeurs constitutionnelles. ». En remerciant la « Milan démocratique » mobilisée, il déclare: « Pour nous, il existe un monde de paix et de justice, un monde meilleur que le monde de guerre qu’on veut nous imposer. Le nôtre est un monde ouvert contre leur monde fermé. Ces Jeux olympiques sont et doivent être l’étendard de la paix, contre les guerres dans lesquelles on veut plonger le monde et l’Europe ». La place étant trop petite pour contenir tous les manifestants, avant le départ du cortége vers le Château des Sforza, il conclut: « Nous avons un chemin à parcourir ensemble, un chemin pour affirmer que Milan est libérée et que nous continuerons à la garder libre ».
Un chemin que le Comitato Insostenibili Olimpiadi (Comité contre des « Jeux insoutenables »), un vaste réseau d'associations, mouvements et syndicats autonomes, a décidé de parcourir autrement, en organisant une grande mobilisation à Milan cette semaine. Sous le slogan « Voi Olimpiadi, noi Utopiadi » (« Vous les Olympiades, nous les Utopiades » en français) celle-ci va se dérouler du 5 au 8 février, culminant le 7 février avec une manifestation qui « traversera les quartiers de la ville les plus touchés par les ravages des Jeux olympiques ».
La veille, le 6 février, jour de l'inauguration des Jeux, diverses initiatives syndicales toucheront encore des secteurs comme l'hôtellerie et la restauration, « les plus atteints par la dégradation des conditions de travail due à l’accélération des horaires et des roulements, inévitables lors des grands événements». Le Comitato affirme s'inspirer des Olympiades populaires organisés à Barcelone en 1936 : « une expérience historique qui concevait le sport comme un espace d'émancipation, d'inclusion et de coopération, en opposition radicale aux Jeux olympiques officiels de l'époque, organisés en Allemagne nazie. De même, les Utopiades milanaises visent à être une utopie vécue au quotidien, fondée sur un sport accessible à tous, l'autogestion et la réappropriation des territoires. »
Giannina Mura

Déterminée à peser sur les projets de loi de finance (PLF) et de financement de la sécurité sociale (PLFSS) en cours de discussion au parlement, la CGT a appelé ses... Lire la suite

Conditions de travail dégradées, suppressions de postes, stratégie commerciale incohérente : les salariés du BHV en grève ce 10 octobre. Lire la suite