Marges, infrastructures endommagées : le carburant pas près de retrouver son prix d'avant la guerre
S’il a suffi de quelques jours pour paralyser le trafic des navires-citernes transportant le pétrole, il pourrait falloir plusieurs mois, voire plusieurs années, pour retrouver un niveau de production et des prix à la pompe équivalent à celui d’avant le conflit déclenché par les États-Unis et Israël.
Publié le 16 avril 2026
La chute brutale de la production pétrolière mondiale et le blocage du détroit d’Ormuz, provoqués par le conflit au Moyen-Orient, font craindre une crise durable. Les prix à la pompe pourraient continuer d’augmenter dans les mois à venir.
S’il a suffi de quelques jours pour paralyser le trafic des navires-citernes transportant le pétrole, il pourrait falloir plusieurs mois, voire plusieurs années, pour retrouver un niveau de production et des prix à la pompe équivalents à ceux d’avant le conflit déclenché par les États-Unis et Israël. Depuis le début des hostilités, la production pétrolière mondiale a chuté de plus de 10 millions de barils par jour, soit environ 13 % de la consommation quotidienne mondiale. En parallèle du blocage du détroit d’Ormuz, qui entrave la circulation de l’essence, cette baisse de production se répercute directement sur les prix à la pompe.
Pour le directeur de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la crise ne fait que commencer. « Les prix sont déjà élevés mais ils ne reflètent pas la gravité du problème, je reconnais qu’il y a un décalage », a déclaré Fatih Birol le 13 avril à Washington, lors d’une intervention à l’Atlantic Council. Ce décalage s’explique par la temporalité des livraisons. Le pétrole livré en mars avait été acheté avant le début du conflit, à des prix bien inférieurs. Les cargaisons d’avril, elles, seront indexées sur des cours bien plus élevés, ce qui fait craindre au directeur de l’AIE « un avril noir » pour le secteur pétrolier. En d’autres termes, non seulement on ne retrouvera pas de sitôt les prix pré-crise au moment d’effectuer son plein, mais le montant devrait même encore exploser.
Mais comment expliquer, alors, la flambée des prix des dernières semaines, compte tenu de ce décalage ? C’est que les compagnies pétrolières ont profité de l’intervalle mars-avril pour accroître leurs marges, selon Éric Sellini, coordinateur CGT chez TotalEnergies : « Elles vendaient un produit 30 centimes plus cher avec un pétrole acheté 60 dollars le baril. Mais, demain, elles fabriqueront un produit avec un pétrole acheté à 110 dollars et ne réduiront pas leurs marges pour autant. »
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