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FONCTION PUBLIQUE

Six organisations syndicales exigent des mesures d’urgence pour les agents face à la Covid

12 novembre 2020 | Mise à jour le 30 novembre 2020
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Dans une lettre ouverte adressée à la ministre de la Fonction publique, six organisations syndicales réclament des « mesures d'urgence » pour les agents. Parmi elles : une meilleure prise en considération des agents vulnérables et la suspension immédiate du jour de carence. Ensemble, elles font de la santé une priorité.

Les voici soudés pour faire front et exiger du gouvernement des mesures particulières en cette période d'épidémie : le 6 novembre, une large majorité des syndicats de la fonction publique (CGT, UNSA, CFTC, FA-FP, FSU, Solidaires) adressait une lettre ouverte à Amélie de Montchalin, ministre de tutelle. Leur objectif ? Obtenir, en temps de pandémie croissante, des « mesures d'urgence » relatives au travail des agents territoriaux, d'État et de la fonction publique hospitalière.

Exposées depuis plusieurs semaines, ces revendications font l'objet d'atermoiements inadmissibles au sein de l'exécutif. Car il faut agir vite, selon Baptiste Talbot, Coordinateur de la CGT fonction publique.

Inquiétudes pour les personnes vulnérables

Ainsi, au rang de leurs réclamations, les syndicats soulèvent le cas des agents « vulnérables », supposés pouvoir « bénéficier d'autorisations spéciales d'absence, s'ils ou elles ne peuvent pas télétravailler. » Baptiste Talbot éclaire : « Lors du premier confinement (décret du 1er mai, NDLR), les salariés étaient considérés comme “vulnérables” s'ils remplissaient un critère parmi les onze établis par le gouvernement (diabète, obésité, cirrhose, âge, etc. NDLR). Aujourd'hui (décret du 29 août, NDLR) l'exécutif a restreint ces critères à quatre. » Le Conseil d'État vient de suspendre ce décret, en ce qui concerne les salariés du privé. Quid de la fonction publique ?

Par sa lettre, l'intersyndicale demande un retour immédiat aux onze critères initiaux pour les agents de la fonction publique, et dénonce un « flou juridique » les concernant. Par ailleurs, les syndicats exigent que soient pris en considération, comme lors du premier confinement, les agents vivant avec une personne « vulnérable ».

Pour la suspension sine die du jour de carence

Le second point concerne la suspension sine die du jour de carence, rétabli en juillet 2020, et fortement contesté en temps normal par la CGT. Baptiste Talbot explique : « Durant le premier confinement, cette application du jour de carence avait été suspendue. Le but ? Éviter que les agents qui se supposent malades aillent travailler pour ne pas perdre une journée de salaire. Ce jour de carence présente une aberration en matière de santé publique : les agents qui viennent travailler se mettent en danger, développent la maladie et la contagion, entraînant davantage de malades. Et par conséquent, en outre, un coût supérieur, pour l'assurance maladie, aux “économies” qu'il est censé induire… Une aberration ! »

Pour une vraie protection

Enfin, la lettre demande que « des procédures de protection claires pour les agents en contact avec le public soient mises en œuvre ».

Elle requiert aussi « des recrutements supplémentaires pour les nettoyages et désinfections des locaux pour l'accueil des usagers. »

« Nous pensons ainsi à l'hôpital où par manque d'effectifs, un agent vient travailler, même s'il présente des symptômes. Mais aussi à l'Éducation nationale où il s'agit de trouver des aménagements pour la sécurité de tous », conclut Baptiste Talbot.

En supplément des sujets de fond, comme l'arrêt du gel du point d'indice, et les revalorisations salariales portées par la CGT, cette lettre révèle donc les points cruciaux sur lesquels les organisations syndicales se battent avec détermination, faisant de la santé une priorité…

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