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PALESTINE

29 novembre : développer la solidarité pour la Palestine est une urgence

29 novembre 2019 | Mise à jour le 29 novembre 2019
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A l'issue d'une campagne de plusieurs organisations, dont la CGT, La Cour de Justice de l'Union européenne vient de confirmer l'obligation de l'étiquetage spécifique des produits des colonies israéliennes en Palestine occupée. Un premier succès. Mais il est urgent d'aller beaucoup plus loin, pour défendre le droit international et laisser une perspective à la paix.

72 ans. Ou le temps de trois générations. Le 29 novembre 1947, les Nations-Unies partageaient la terre de Palestine, pour y créer deux États. L'un est devenu Israël ; l'autre, réduit à portion congrue, continue de subir occupation militaire, colonisation, blocus et bombardements de l'occupant israélien. En 1977, dix ans après l'invasion du reste de la Palestine par Israël et le début de l'occupation de la Cisjordanie, de Jérusalem-Est et de Gaza, l'Assemblée générale des Nations Unies  décidait, en lien avec le Comité pour l'exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, d'organiser chaque année une journée de solidarité avec ce peuple tous les 29 novembre. Cela fait plus de quarante ans.

Pourtant, l'occupation se poursuit et la colonisation ne fait que s'étendre, au point que le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a annoncé le 10 septembre dernier, quelques jours avant un nouveau scrutin en Israël, vouloir annexer les colonies et toute la vallée du Jourdain. « Aujourd’hui, j’annonce mon intention d’appliquer, avec un futur gouvernement, la souveraineté d’Israël sur la vallée du Jourdain et la partie nord de la mer Morte », a-t-il déclaré.

Un projet d'annexion

Pour lui, qui en avait déjà évoqué l'hypothèse à de nombreuses reprises, il s'agit d'abord d'un projet politique ultranationaliste, visant à empêcher la création d'un Etat palestinien et à annexer les terres et les ressources de Cisjordanie, ne laissant aux Palestiniens que des micro-enclaves sous haute surveillance.

Déjà, fin 2017, le comité central de son parti, le Likoud, se prononçait pour la mise en œuvre de l'annexion de la Cisjordanie. Le Parlement, lui, a adopté une nouvelle loi élevant de 61 députés à 80 (sur 120) la majorité nécessaire pour le retour éventuel de tout ou partie de Jérusalem-Est à la souveraineté palestinienne. Et, à l'été 2018, l'extrême droite au pouvoir en Israël a fait adopter une nouvelle loi fondamentale (l'Etat n'ayant pas de Constitution notamment pour éviter d'en délimiter les frontières), intitulée « Israël en tant qu'État-nation du peuple juif » qui précise : « L'exercice du droit à l'autodétermination nationale dans l'État d'Israël est spécifique au peuple juif » au détriment des Palestiniens citoyens d'Israël. Pour les observateurs israéliens des associations de défense des droits humains, il s'agit de faire de ceux-ci des citoyens de dernière zone non plus seulement dans les faits, mais dans les textes.

La loi insiste parallèlement sur le fait que « l'État considère le développement de l'implantation juive comme un objectif national et agira en vue d'encourager et de promouvoir ses initiatives et son renforcement » en particulier par la colonisation. La boucle est donc bouclée : l'extrême droite peut envisager une annexion au moins partielle de ce qui reste de la Cisjordanie, sans se préoccuper des conséquences politiques d'un possible déséquilibre démographique dans une optique ethnique séparant la population entre juifs et non juifs.

Mais Benyamin Netanyahou, mis entre temps en examen pour « fraude », « abus de confiance » et « corruption », vise aussi, en annonçant son projet d'annexion, un intérêt personnel : à l'issue de deux élections législatives en quelques mois, aucune majorité ne parvient à se dégager et ni Benyamin Netanyahou ni son rival Benny Gantz (lui aussi menacé par la justice) ne parviennent à former un gouvernement. Un troisième scrutin est aujourd'hui au programme. Dans ce contexte, il est décisif pour Netanyahou de mobiliser en sa faveur la droite nationaliste et les presque 700.000 colons qui occupent la Cisjordanie, dont un tiers à Jérusalem-Est.

Trump : soutien inconditionnel à Netanyahou contre le droit international

De nouveau, les Etats-Unis de Donald Trump ont choisi de soutenir les projets de Netanyahou. Le 18 novembre, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo a déclaré que les Etats-Unis ne considéraient plus les colonies israéliennes comme illégales. Un pas de plus donc dans le rejet par Donald Trump de reconnaître du droit international, après son refus d'admettre l'illégalité de l'annexion de Jérusalem-Est, le déménagement de l'ambassade américaine en Israël dans la Ville Sainte, l'affirmation de la souveraineté israélienne sur le Golan syrien annexé, l'expulsion des diplomates palestiniens de Washington, le refus de poursuivre le financement de l'Unrwa, l'agence des Nations-Unies pour les réfugiés palestiniens expulsés de leur terres.

Europe : un petit pas contre les colonies

« La politique de construction et d’expansion des colonies de peuplement, y compris à Jérusalem-Est, est illégale au regard du droit international, et les mesures prises dans ce contexte compromettent la viabilité de la solution prévoyant deux États et les perspectives d’une paix durable », a indiqué un porte-parole de l'Union européenne au lendemain des annonces du premier ministre israélien.

L'UE a choisi de réaffirmer le droit, mais en même temps ne se donne guère les moyens, notamment par des sanctions ou pressions économiques, de contribuer à mettre un terme à ses violations.

La campagne des organisations européennes de défense des droits du peuple palestinien vient cependant d'aboutir à un succès non négligeable. La Cour de Justice de l'Union européenne a en effet confirmé l'obligation de l'étiquetage spécifique des produits des colonies israéliennes . En France,  les organisations membres du Collectif national pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens (dont l'AFPS et la CGT), qui s'étaient mobilisées en ce sens, s'en réjouissent. « Dans l'immédiat, le collectif demande au gouvernement français de mettre en œuvre cette décision de la CJUE sur l'étiquetage des produits des colonies israéliennes, de contrôler son application et d'instaurer des sanctions contre les opérateurs économiques en cas de non-respect. Le collectif appelle à poursuivre et intensifier la mobilisation pour le retrait de l'État d'Israël des territoires palestiniens occupés depuis 1967 ».