
Un « chèque alimentaire » pour plus de deux millions de Danois
La Première ministre social-démocrate Mette Frederiksen l’avait promis lors de son discours du nouvel an. Le « chèque alimentaire » est maintenant chose faite. Ce jeudi... Lire la suite

En deux jours, la CGIL a recueilli les 50 000 signatures nécessaires pour présenter ses deux propositions de loi au Parlement. « Nous souhaitons maintenant en réunir au moins un million », indique Daniela Barbaresi, secrétaire nationale de la Confédération, chargée de la santé.
Maurizio Landini, le leader de la Confédération générale italienne du travail (CGIL), l'avait annoncé le soir de la victoire du « non » au référendum constitutionnel sur la réforme de la justice. Les deux propositions de loi d'initiative populaire portées par le syndicat – l'une pour relancer le Servizio sanitario nazionale (le Service de santé national) ; l'autre pour défendre l’égalité des droits entre les salariés directs et ceux des activités externalisées ou sous-traitées dans le secteur privé – ont été présentées dans les principales villes italiennes lors de plus de 1 300 assemblées le 15 mai, et sur plus de 1 000 stands le lendemain. En deux jours, les 50 000 signatures nécessaires pour présenter ces propositions au Parlement ont été collectées. Et ce n'est que le début : « Nous souhaitons réunir au moins un million de signatures », indique Daniela Barbaresi, secrétaire nationale de la CGIL, chargée de la santé.
Après avoir conduit de nombreuses initiatives, manifestations et grèves, avec sa proposition de loi pour relancer le Service de santé national (SSN), la CGIL vise à renouer avec l'esprit de la grande mobilisation populaire qui avait mené à la création de ce système de santé, en 1978 – ce dernier se fondant sur l’article 32 de la Constitution italienne, qui affirme que la santé est un droit fondamental de la personne. Mais ce droit est aujourd’hui menacé par le sous-financement chronique du SSN, qui entraîne une pénurie d'effectifs, des personnels sous-payés et épuisés par la charge de travail, ainsi que des temps d’attente intenables, le tout poussant les patients vers le secteur privé. « Cette situation représente une véritable urgence et alimente de profondes inégalités, tant entre les régions qu'entre les citoyens », déplore Daniela Barbaresi, qui souligne que près de 10 % de la population renonce désormais aux soins, faute de moyens.
Loin de mettre un terme à ces inégalités, le projet gouvernemental de réforme du modèle organisationnel du SSN, examiné actuellement au Parlement, risque au contraire de les aggraver. Il prévoit en effet de redessiner l'architecture du réseau hospitalier, en créant deux nouvelles catégories d'hôpitaux qui incluraient des structures privées : « Le gouvernement garantirait à ces établissements des ressources supplémentaires, au détriment des services de santé territoriaux, favorisant ainsi le secteur privé », alerte la syndicaliste.
Pour sa part, la proposition de loi de la CGIL, qui défend un système de santé public et universel, détaille les mesures prioritaires à mettre en place pour relancer le SSN, en misant sur des moyens financiers et humains adéquats. Elle prône notamment un financement égal à au moins 7,5 % du PIB (c'était 6 % en 2025), et sans plafond pour « les dépenses consacrées au personnel, qui est la principale ressource de la santé publique », précise Daniela Barbaresi. La CGIL vise aussi, entre autres, à réorganiser et développer les soins de proximité, ceux liés à la dépendance, la prévention, mais aussi à défendre la santé et la sécurité au travail, ainsi que la recherche indépendante. Elle veut enfin mettre un coup d’arrêt à la privatisation et à l'externalisation, qui sont en hausse constante dans le milieu de la santé.
La deuxième proposition de loi d’initiative populaire portée par la CGIL se focalise d’ailleurs sur cette question de l’externalisation, qui est loin de se limiter au secteur de la santé. Logistique, textile, maintenance mécanique, services publics, bâtiment… « L'externalisation et la sous-traitance concernent désormais tous les domaines d’activité », souligne Alessandro Genovesi, responsable CGIL de la négociation, des externalisations et de la lutte contre le travail non déclaré. Au moins quatre millions de travailleurs – sur plus de 24 millions d'actifs occupant un emploi dans le pays – seraient concernés. Et leur situation n’est pas enviable. D’une part, leurs droits et leurs salaires sont inférieurs à ceux de leurs homologues salariés dans les entreprises mères ou donneuses d'ordre ; d’autre part, ils sont particulièrement exposés aux accidents du travail – 67 % des accidents graves ou mortels ont lieu dans des chaînes de sous-traitance – ainsi qu’aux maladies professionnelles.
« Depuis 2015, nous avons mené un long combat, qui nous a permis d’obtenir de nombreux droits pour les travailleurs des marchés publics. Notre Code des marchés publics, qui est maintenant l’un des plus avancés d’Europe, prévoit l’égalité de traitement sur le plan économique et réglementaire, ainsi que la responsabilité solidaire du donneur d’ordre. Nous essayons maintenant d’étendre ces droits au secteur privé », explique Alessandro Genovesi. Le but de la CGIL : imposer le principe selon lequel l'externalisation d'une activité doit être payée au même prix que si elle était réalisée en interne, et ce, même si l'entreprise recourt à des travailleurs indépendants. « Tous doivent bénéficier des mêmes droits et de la même protection lorsqu'il exercent le même travail, qu'il s'agisse de la convention collective nationale, de l'accord d'entreprise ou du classement professionnel », martèle le responsable syndical. « La concurrence sur les coûts s'exerce tant sur les salaires que sur la formation, la santé et la sécurité », ajoute-t-il. C'est pourquoi la proposition de loi de la CGIL veut également imposer la responsabilité solidaire du donneur d’ordre, afin de réduire les risques pour la santé et la sécurité.
Avec cette campagne lancée pour soutenir ses deux propositions de loi, la CGIL regarde au-delà de la majorité parlementaire actuelle. « Nous allons déposer les signatures en septembre, avant que le gouvernement n’entame les discussions sur la loi de finances. Mais nous souhaitons également que nos propositions soient reprises par les forces politiques en lice pour gouverner le pays lors des futures législatives », indique Daniela Barbaresi. Alessandro Genovesi précise de son côté : « Les accidents du travail n'ont pas de couleur politique. Le gouvernement sera contraint de prendre position, ne serait-ce que pour ne pas perdre de voix. Si les rapports de force et les initiatives mises en place ne parviennent pas à convaincre cette majorité, nous viserons les partis de centre-gauche qui voudront placer la protection du travail au centre de leur programme lors de la campagne électorale qui démarrera cet automne. »
Giannina Mura

La Première ministre social-démocrate Mette Frederiksen l’avait promis lors de son discours du nouvel an. Le « chèque alimentaire » est maintenant chose faite. Ce jeudi... Lire la suite

Dans son treizième rapport annuel, publié ce lundi, Oxfam dresse un constat alarmant de l’explosion des inégalités économiques. Alors que s’ouvre le forum économique... Lire la suite