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ÉGALITÉ FEMMES-HOMMES

1965-2015 : de nouveaux droits à conquérir

17 juillet 2015 | Mise à jour le 6 mars 2017
Par | Photo(s) : AFP
1965-2015 : de nouveaux droits à conquérir

Cela ne fait que cinquante ans que les femmes peuvent ouvrir un compte en banque et exercer une activité professionnelle sans le consentement de leur mari. Mais on est encore très loin de l'égalité…

C'était, il y a tout juste cinquante ans, une étape importante de la libération des femmes mariées –  une grande majorité l'était alors -, dont l'infériorité légale et l'incapacité juridique avaient été consacrées cent soixante ans plus tôt par le Code Napoléon de 1804, modèle achevé d'une conception patriarcale de la famille sous l'autorité absolue du pater familias.

DES DROITS LONGTEMPS AJOURNÉS

La deuxième moitié du XIXe siècle a vu se développer encore le dur travail des femmes, en particulier dans les usines où elles étaient encore plus mal rémunérées que les hommes. En 1907, un autre 13 juillet, une loi autorisait finalement les femmes mariées à disposer librement de leur salaire.

Cette mesure de justice, qui nous semble aller de soi, a pourtant fait l'objet en son temps d'un long combat parlementaire. Bien que n'éliminant pas la sujétion de la femme à son époux, elle mettait la République sur la voie nouvelle de l'égalité des sexes.

Elle montre aussi, par son parcours semé d'embûches, la capacité de résistance d'un personnel politique alors purement masculin. Ainsi de la lenteur du processus législatif, qui retardera si longtemps le droit de vote des femmes, approuvé par les députés dès 1919 et toujours différé par les sénateurs jusqu'à l'ordonnance du 21 avril 1944 prise par le gouvernement provisoire du général de Gaulle. Les débats du Conseil national de la résistance n'y seront pas pour rien. Il aura fallu une économie en grande partie assurée par le travail des femmes en l'absence des hommes durant les deux guerres pour que la France rattrape une partie de son retard en matière d'égalité…

PLUS PRÉCAIRES, MOINS RÉMUNÉRÉES…

Aujourd'hui, si le droit de toutes les femmes au travail – mariées ou non – ne fait (presque) plus débat, l'égalité entre les femmes et les hommes n'est pourtant toujours pas réalisée. En particulier concernant l'égalité professionnelle, malgré la loi du 5 août 2014 qui vise à instaurer, par une série de mesures, « l'égalité réelle » dans tous les domaines : lutte contre la précarité, protection contre les violences, image des femmes dans les médias, parité et égalité en politique et dans le milieu social et professionnel.

Cependant, la CGT le dénonce : le gouvernement tourne aujourd'hui le dos à cette priorité. La suppression du ministère des Droits des femmes s'accompagne aujourd'hui de la suppression, dans le projet de loi « dialogue social » du ministre du Travail François Rebsamen, de la négociation d'entreprise dédiée à l'égalité professionnelle. Alors que les femmes connaissent, en termes d'emploi et de travail, une précarité beaucoup plus forte encore que les hommes. En 2015, les salaires des femmes demeurent de 27 % inférieurs à ceux des hommes et leurs retraites de 40 % tandis que le plafond de verre s'impose encore à leurs carrières.

DES EXIGENCES POUR LUTTER CONTRE LA DISCRIMINATION AU TRAVAIL

La CGT exige que la négociation d'entreprise soit rétablie ; le décret d'application imposant de mesurer les discriminations sur les carrières, publié ; et l'interdiction d'accès aux marchés publics pour les entreprises qui discriminent, effective. La mixité des métiers doit s'accompagner d'une évolution des conditions de travail et de la revalorisation salariale des métiers à prédominance féminine. La lutte contre la précarité et les temps partiels doit devenir effective.

Il faut davantage de places en crèche, conformément aux engagements de 275 000 places d'accueil de la petite enfance d'ici à 2017 (seules 45 000 nouvelles places ont été ouvertes depuis 2012). Les aides publiques, dont bénéficient les entreprises, doivent aussi être conditionnées « au respect de la loi en matière d'égalité professionnelle et à leurs pratiques de lutte contre la précarité et les temps partiels ». De même, des mesures pour lutter contre la violence s'avèrent nécessaires. Les grandes avancées pour les femmes en matière d'égalité des droits dans le travail et dans la société sont, encore aujourd'hui, autant de combats à mener.