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À Château-Thierry, une AG de convergences pour entamer la 2e semaine de mobilisation

9 décembre 2019 | Mise à jour le 6 décembre 2019
Par | Photo(s) : DR
À Château-Thierry, une AG de convergences pour entamer la 2e semaine de mobilisation

Assemblée générale à Château-Thierry

À Château-Thierry (Aisne), la manifestation du 5 décembre 2019 a rassemblé entre 700 et 900 participants, un chiffre rarement atteint. Très visibles dans le cortège, les cheminots ont informé les manifestants de leur AG le lendemain matin. Ils y ont donc été rejoints par des salariés d'autres professions.

Inutile d'espérer prendre le train ce 6 décembre 2019 à la gare de Château-Thierry. La grille fermée et le drapeau syndical juste au dessus indiquent clairement qu'aucun voyageur ne pourra acheter de billet. Par contre, c'est à l'étage de la gare que ça se passe avec une AG des cheminots convoquée à 10 heures. Dans les faits, elle commencera bien plus tard, en raison des… problèmes de transports

« Nous étions 61 hier, aujourd'hui nous ne sommes que 27 cheminots » indique Eric Vauthier, délégué Sud Rail. A cheval entre deux régions et plusieurs départements, Château-Thierry est un peu excentré géographiquement et administrativement. Ses agents relèvent du réseau Paris-Est et ont donc des contacts limités avec le reste du département.

Les chiffres des grévistes sont toutefois remontés, suscitant autant de motifs de satisfaction : 100% de grévistes à Soissons et Saint-Quentin, les gares fermées. On parle de 5000 manifestants à Saint-Quentin, un manif énorme à l'échelle de cette ville.

À Château-Thierry, les cheminots ont distribué un tract pendant deux heures, avant de rejoindre la manifestation générale qui a débordé du parcours initialement prévu pour se détourner vers la mairie. La préfecture recense 600 manifestants et les organisateurs en revendiquent 1 000. En tout cas, un succès de mobilisation lui aussi incontestable.

La visibilité des cheminots attire

16 torches brûlées, quarante pétards explosés, les cheminots n'ont pas vraiment fait dans la discrétion à la manif. « On a quasiment épuisé notre trésor de guerre, maintenant on va devoir taper sur les bidons pour faire du bruit » s'amuse Jérémy Lejeune, délégué CGT.

Au-delà de l'aspect démonstratif, la manifestation a permis de nouer des contacts avec des salariés d'autres entreprises de la localité qu'ils soient du public ou du privé. « Nous avons notamment pris langue avec les camarades d'Altifort qui sont en liquidation judiciaire » rapporte Jérémy.

Heureusement, les contacts avec les autres entreprises ne se font pas l'écho que des mauvaises nouvelles, ainsi les salariés de FM Logistic (500 salariés) de Château-Thierry étaient- ils aussi en grève à un niveau inégalé. Et la CGT vient d'y devenir la première organisation syndicale.

Outre les cheminots, les personnels hospitaliers étaient aussi la seconde profession visible à la manifestation… D'où la présence de Jérôme à l'AG de l'hôpital de Château à l'AG des cheminots. « Je suis simple syndiqué CGT, mais je suis venu ici pour relayer les infos à l'hôpital sur les décisions qui seront prises. »

Jérôme n'est pas le seul non cheminot à s'être invité. Fabrice Huraux enseignant au lycée racine de Château-Thierry rapporte qu'hier 25 professeurs étaient en grève, et qu'ils étaient encore 9 dans ce cas aujourd'hui. « Quand on connaît ce lycée, c'est exceptionnel ».

Fabrice, qui est aussi dirigeant FO du syndicat département des enseignants en profite pour inviter tous le monde pour une nouvelle AG interprofessionnelle le soir même à la maison des syndicats. Depuis que l'AG des cheminots s'est ouverte plusieurs personnes ont envahi la salle ; une surveillante de collège, une salariée d'un musée, des retraités.

On doit demander qui est cheminot pour prendre part au vote sur la reconduction de la grève. Parmi tous les présents, on a aussi Alex, un gilet jaune devenu connu sur la ville tant il est resté longtemps sur les ronds-points. « La banderole qui est derrière, et qui était sur le rond- point, c'est avec les syndicats l'avons réalisé. » glisse-t-il.

Une AG de convergences

Vient le temps de voter pour la reconduction de la grève. Le succès de la manifestation, la colère qui persiste, le soutien que la population apporte et qui a des faux airs de 1995.

Cela ne pose visiblement aucun problème tant cela va de soi et le vote à main levée n'est qu'une formalité. Une pause technique est cependant programmée le lundi en raison des retenues supplémentaires sur salaires qu'impose le mode de décompte. Une difficulté que partagent les enseignants et les cheminots.

La réussite du 5 décembre a nécessité une forte préparation, maintenant il s'agit de se donner les moyens de tenir sur la durée. L'AG du matin des cheminots de Château-Thierry n'est que le hors-d'œuvre. Rendez-vous est pris pour une nouvelle AG intersyndicale et interprofessionnelle le soir même à la maison des syndicats.