À Suresnes, les femmes de chambre continuent la lutte
En grève depuis le 19 août, les femmes de chambre des établissements Campanile et Première Classe de Suresnes (92) exigent une augmentation de leurs salaires et la réintégration d’une collègue injustement licenciée. Les 14 employés, majoritairement des femmes, se sont à nouveau mobilisée le 11 octobre devant l’hôtel, en présence de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
Publié le 14 octobre 2024
En grève depuis le 19 août, les femmes de chambre des établissements Campanile et Première Classe de Suresnes (92) exigent une augmentation de leurs salaires et la réintégration d’une collègue injustement licenciée. Les 14 employés, majoritairement des femmes, se sont à nouveau mobilisées le 11 octobre devant l’hôtel, en présence de Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT.
Malgré le bruit, les sifflets et les cris qui appellent à la « Solidarité ! », l’hôtel accueille toujours les clients comme si de rien n’était. En grève depuis le 19 août, les quatorze employés de l’hôtel Première Classe et Campanile de Suresnes poursuivent leur mobilisation. Les revendications des grévistes syndiquées à la CGT-HPE (Hôtels de Prestige et économiques) restent inchangées : augmentation du salaire de base en l’indexant sur l’inflation ; instauration d’une prime exceptionnelle pour le pouvoir d’achat ; arrêt des pratiques de déstabilisation des salarié.es ; et réintégration de leur collègue Magassa, injustement licenciée cet été. Employée depuis 2013, cette dernière a égaré sa carte de séjour lors de ses congés au Mali. La direction de l’hôtel est prévenue de la situation par la déléguée syndicale. Mais estimant qu’elle n’a pas été informée par écrit, la direction licencie Magassa début août pour absence injustifiée. Cette décision, inacceptable au regard de ses collègues, sera l’élément déclencheur de la grève.
« Il n’y pas de place pour les revendications. C’est l’image qui prime et ce sont les petites mains de l’hôtel qui trinquent. »
Ce n’est pas le premier mouvement de grève de ce genre, comme le rappelle Thibaud*, du syndicat HPE d’Île-de-France : « Pendant près de deux ans, de 2019 à 2021, les femmes de chambre de l’hôtel Ibis les Batignolles, à Paris, ont fait grève pour dénoncer leurs conditions de travail et les mauvais traitements. Ces deux problématiques sont générales, avec toujours plus d’exigences de polyvalence (sans le salaire qui va avec) et l’aménagement des horaires. » Le syndicaliste, qui souhaite rester anonyme, dénonce aussi une forte répression syndicale. « Il n’y pas de place pour les revendications. C’est l’image qui prime et ce sont les petites mains de l’hôtel qui trinquent. » Le secteur hôtelier est d’ailleurs en permanence à la recherche de femmes de chambre. En cause, la pénibilité au travail, les horaires décalés ainsi que les faibles salaires. Une caisse de grève a été mise en place, les femmes de chambre étant sans salaire depuis deux mois. Pour elles, l’heure est plus que jamais à la réouverture de négociations.
*Le prénom a été modifié
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