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ÉNERGIE

« On attaque une corporation mobilisée » : le « tarif agent » menacé dans l'énergie, appel à la grève pour le 15 septembre

24 juillet 2026 | Mise à jour le 24 juillet 2026
Par | Photo(s) : Sameer Al-DOUMY / AFP
« On attaque une corporation mobilisée » : le « tarif agent » menacé dans l'énergie, appel à la grève pour le 15 septembre

La CGT dénonce une nouvelle attaque contre les salaries de l'énergie.

À la suite de la publication du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des ressources humaines d’EDF le 17 juillet dernier, le gouvernement envisage de remettre en cause le tarif agent, avantage historique des salariés des industries électriques et gazières. Dans un entretien accordé à Libération, le secrétaire général de la FNME-CGT, Fabrice Coudour, dénonce une offensive contre le statut des salariés et appelle à une grève le 15 septembre.

Ce jeudi 23 juillet, Fabrice Coudour, secrétaire général de la Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME-CGT), a accordé une interview à Libération pour réagir au dernier rapport de la Cour des comptes. Ce rapport paru le 17 juillet, nommé La gestion des ressources humaines d'EDF SA, suscite la colère du syndicat et de l’ensemble du secteur, notamment parce qu’il remet en cause le « tarif agent », un avantage historique accordé aux salariés et retraités des industries électriques et gazières concernant aujourd’hui près de 300 000 personnes.

Le tarif agent, un droit historique

Instauré en 1946, le tarif agent permet aux salariés et retraités des industries électriques et gazières de bénéficier d’un prix très réduit pour leur consommation d’électricité et de gaz. Selon la Cour des comptes, cet avantage représente un coût « en moyenne de 381 millions d’euros par an entre 2018 et 2024 » pour EDF. Pour la CGT, au contraire, le tarif agent « est un totem social. Et c’est le dernier qui restait à attaquer dans notre statut », affirme Fabrice Coudour dans l’entretien. Le syndicaliste refuse toute négociation sur cet acquis, y compris sous la forme d’une « clause du grand-père », qui préserverait le droit des salariés actuels tout en le supprimant pour les nouvelles recrues, faisant valoir que tout compromis serait avant tout un recul pour les travailleurs. « Dans ce pays, il y en a marre d’aller toujours vers la régression sociale, alors que de l’argent, il y en a. On le voit dans les résultats financiers et les dividendes des grandes entreprises, notamment ceux d’EDF », ajoute-t-il.

Un appel à la grève le 15 septembre

En plus de son analyse du rapport, Fabrice Coudour appelle dans l’interview à une grève du secteur de l’énergie le 15 septembre, avec l’ensemble de l’intersyndicale (CGT, CFDT, CFE-CGC et FO), pour défendre le statut des agents et s’opposer à ce qu’il considère comme une nouvelle attaque de l’État. Le syndicat rappelle que le tarif agent ne représente qu’environ 1 % de la facture d’électricité des consommateurs, soit une vingtaine d’euros par an pour un foyer moyen, et soutient que sa suppression ne ferait pas baisser les factures.

À ses yeux, le rapport est trompeur et détourne l’attention « des taxes et des hausses que le gouvernement leur colle sur la facture ». Fabrice Coudour dénonce une « attaque ciblée contre une corporation qui se mobilise » et considère que ce rapport constitue « la goutte d’eau qui fait déborder le vase » après une série de réformes visant le statut des salariés et retraités des industries électriques et gazières : réforme des retraites, évolution du régime spécial, remise en cause des activités sociales, contestation de la grille salariale ou encore modifications des règles relatives aux congés parentaux et aux arrêts maladie.