Planning Familial : la carte des départements menacés

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Près de 20 fédérations départementales plus ou moins dans le rouge. C'est le résultat d'un décompte des difficultés rencontrées par le Planning Familial (PF) depuis maintenant plusieurs années. Et les coupes et baisses de financement public arrivent de toutes parts. Dès 2025, les Pays-de-la-Loire ont été « le laboratoire expérimental pour le pays », selon Sandrine Mansour, coordinatrice du PF dans cette région dont la présidente, Christelle Morançais (LR) « a coupé 100% de nos financements du jour au lendemain ». Cette perte sèche de 66 700 € représente un tiers du budget pour cinq départements. En parallèle, les fédérations du Loiret, de la Drôme et de l'Isère affrontaient également de grosses difficultés. En réaction, dès l'été 2025, une campagne nationale de soutien était lancée. « On est en train d'attaquer un modèle social et un projet sociétal où les associations ont une place importante », estimait alors Sarah Durocher, présidente de l'association.
Mais cette année 2026 voit de nouvelles difficultés apparaître. En juin, l'Agence Régionale de Santé de Nouvelle-Aquitaine a retiré 160 000 € de financements d'actions pour la santé sexuelle en Gironde, soit un tiers du budget du PF dans ce département, menaçant 4 des 7,5 équivalents temps pleins. Là encore, la réaction rapide et relayée jusque sur les bancs de l'Assemblée a permis d'obtenir un sursis et l'engagement de la ministre Aurore Bergé pour qu'il « ne manque pas un euro » cette année, mais sans garantie pour l'avenir.
D'autres structures, plus rurales, sont elles aussi en difficulté, au point de commencer à licencier. En Aveyron, 8 demandes de subventions sur 26 ont déjà été refusées et les autres attendent toujours des réponses. Conséquence : trois des cinq salariées ont été licenciées, entraînant la fermeture d'une permanence locale. Cette fédération départementale court même « un vrai risque de fermeture totale si l'on ne trouve pas de solution », s'inquiète Marilou Aigouy, membre du conseil d‘administration. Dans l’Hérault, après avoir déjà manqué de 80 000 € dès 2023, c'est désormais 50 000 € qui manquent pour boucler le budget 2026.
Si ces multiples baisses ou refus de subventions ne sont pas explicitement ciblées contre l'association, celles-ci revêtent toutefois une vraie dimension politique. Nouvellement élu à Carpentras, le maire RN a justifié la suppression symbolique de 3 000 € au Planning du Vaucluse par le fait que selon lui l'association « ne cesse de taper sur » son parti. Une attaque politique assumée dans un climat de menaces croissantes avec tags voire intrusions de militants d'extrême droite à Strasbourg, La Roche-sur-Yon ou Rennes. Autant de pressions supplémentaires à la veille d'une année politiquement cruciale pour les droits reproductifs et corporels.
Elsa Souchay