À venir
Votre identifiant correspond à l'email que vous avez renseigné lors de l'abonnement. Vous avez besoin d'aide ? Contactez-nous au 01.49.88.68.50 ou par email en cliquant ici.
HAUT
CINÉMA

Alice et le Maire, un film comme une jolie fable

10 octobre 2019 | Mise à jour le 10 octobre 2019
Par
Alice et le Maire, un film comme une jolie fable

Alice et le maire, nouveau film de  Nicolas Pariser est une jolie fable qui mêle politique, exercice du pouvoir et peur du vide. Avec un duo Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier revigorant.

De nos jours, à Lyon. Alice Heimann, jeune et brillante prof de philo, est embauchée pour insuffler de nouvelles idées à Paul Théveneau, maire depuis trente ans et homme politique en panne d'inspiration. Autour de cette rencontre, Nicolas Pariser filme l'articulation entre la théorie de la pensée et la pratique de la politique au quotidien.

Vu comme ça, le scénario de ce second long-métrage, sobrement intitulé Alice et le maire, peut décourager. Au contraire, il est passionnant. Le duo Fabrice Luchini et Anaïs Demoustier fonctionne parfaitement ; lui, en vieux lion puissant revenu de tout, elle, en jeune hirondelle vive et réfléchie. La mise en scène est limpide, le récit, fluide, les dialogues, très bien écrits.

C'est en outre un tableau complet du paysage politique contemporain avec sa batterie de personnages inhérents — le mécène mégalomane, la directrice de cabinet méthodique et endurante, l'artiste lucide et mystique, l'intellectuel bien pensant, mais obtus…  Tout cela concourt à construire un film intime, sociopolitique, aux accents de conte rohmérien.

La séquence de l'écriture à quatre mains du discours du probable futur candidat socialiste à l'élection présidentielle est un moment de clairvoyance fulgurant. Le traitement du sujet politique n'est pas un point fort du cinéma français. Celui-ci est probablement, un des plus réussis depuis L'Exercice de l'État de Pierre Schoeller.

Alice et le maireRéalisé par Nicolas Pariser. Sortie nationale : 2 octobre 2019. 1 h 43