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INDUSTRIE

Alstom : l’acquisition de Bombardier inquiète les syndicats

25 février 2020 | Mise à jour le 28 février 2020
Par | Photo(s) : Pascal GUYOT / ERIC PIERMONT / AFP
Alstom : l’acquisition de Bombardier inquiète les syndicats

Pascal GUYOT and ERIC PIERMONT / AFP)

L'opération Alstom-Bombardier interroge sur son impact en termes d'emplois et de suppressions des doublons. Dans le département du Nord, l'usine Bombardier de Crespin compte 2000 emplois spécialisés dans l'industrie ferroviaire, à 25 kilomètres de là, Alstom Petite-Forêt emploie plus de 1300 salariés.

Si l'acquisition de la branche ferroviaire de Bombardier par Alstom est une bonne nouvelle pour l'actionnaire Bouygues, c'est une toute autre affaire pour les salariés. Dans son communiqué du 17 février 2020, Alstom précise que la Caisse des dépôts et des placements du Québec (CDPQ) deviendra le premier actionnaire avec 18 % du capital. La part du capital de Bouygues passerait quant à elle à 10 % (contre 14,7 % aujourd'hui).

« Je me réjouis qu'Alstom, à travers l'acquisition de Bombardier Transport, joue un rôle de premier plan dans le renforcement nécessaire de l'industrie ferroviaire européenne » clame Bruno Le Maire, Ministre de l'Économie et des Finances.

« La FTM-CGT s'étonne qu'une fois encore le ministre de l'Économie français joue ainsi le VRP pour le compte de l'actionnaire Bouygues qui n'a de cesse de vouloir se désengager » réplique la CGT Métallurgie, qui fait une toute autre suggestion : « Soyons cohérent Monsieur le Ministre, si vous voulez vous impliquer autant dans la procédure, alors faites entrer L'État au capital ! »

Une position similaire est exprimée par Patrick de Cara, délégué syndical CFDT d'Alstom, qui déclare au journal l'Usine nouvelle : « Cela aurait du sens de faire entrer la Caisse des dépôts française au capital ». Ce n'est cependant pas vraiment ce que prône Henri Poupart-Lafarge, le PDG d'Alstom.

Le département du Nord en première ligne

Le département du Nord concentre deux sites spécialisés dans le ferroviaire ; Bombardier emploie 2000 salariés à Crespin et Alstom, environ 1300 à Petite-Forêt. Ludovic Bouvier, membre de la direction de la CGT métallurgie et de l'USTM CGT du Nord ne cache pas son inquiétude et sa colère.

« Le gouvernement français présente cela en disant qu'Alstom va mettre la main sur Bombardier. En fait, c'est l'inverse. La Caisse des dépôts québécoise est actionnaire majoritaire chez Bombardier, et au bout c'est Alstom qui passera sous le contrôle de Bombardier. Quant à Bouygues, il cherche depuis longtemps à se désengager d'Alstom, et il va saisir l'occasion. »

Et de poursuivre sur l'impact en termes d'emplois : « Alstom annonce que l'opération va lui permettre une économie de 400 millions d'euros sur les coûts. En clair, cela veut dire qu'ils vont s'attaquer à l'emploi en éliminant les doublons alors que nous avons deux groupes similaires d'environ 40 000 salariés de chaque côté. » Pour le syndicaliste, il est évident que les deux sites nordistes vont être lourdement affectés.

Ces deux sites emploient au deux tiers non pas des ouvriers, mais des cols blancs, cadres et ingénieurs affectés dans les bureaux d'études. Dans son communiqué du 17 février 2020, Alstom vante l'avantage d'« une présence industrielle dans des pays offrant une base de coûts attractive comme l'Europe de l'Est, le Mexique ou la Chine ». Ce qui n'est guère rassurant, d'autant qu'aux conséquences sur l'emploi chez Bombardier et Alstom, il faut bien sûr ajouter celles sur les nombreux sous-traitants des bassins d'emplois concernés.

Pour l'heure, les syndicats exigent d'obtenir des informations sur la stratégie d'Alstom et de Bombardier. «  Le plus scandaleux est que rien n'a filtré et qu'aucune information n'avait été communiquée au CSE de Bombardier et d'Alstom avant ce communiqué », s'insurge le dirigeant syndical.

L'Europe peut aggraver le tableau

Pour finaliser le rachat, la Commission européenne doit encore donner son feu vert à l'opération, mais au regard des règles de la concurrence. Compte tenu de l'objectif, cela ne peut en rien améliorer les conditions sociales. S'ouvre alors une phase de négociations, où Bruxelles peut exiger des concessions telles que des fermetures d'usines. C'est cette même procédure qui avait fait avorter le projet de fusion Alstom-Siemens l'année dernière.

Et cela inquiète aussi la CGT — Métallurgie : « Les garanties d'emploi et d'activité présentées par la direction ne tiennent pas compte de ce que pourra décider la DG concurrence. Nous savons que dans de très nombreux cas la future entité sera en situation de position dominante sur de nombreux marchés intra européens. »

Intérêt national vs intérêt privé

Et la CGT de défendre sa position : « la seule solution qui permettait à Alstom de grandir sans se heurter au Traité de Lisbonne aurait été de constituer un GIE Alstom Bombardier. Cela permettrait aux deux entreprises de se concurrencer sur le marché européen, mais de s'unir sur la R&D et l'export. » Il n'est pas certain que les dirigeants d'Alstom et le gouvernement se dirigent spontanément vers cette option.

Il est certainement plus aisé pour eux de défendre les intérêts de Bouygues et ce dans la continuité de ce qui s'est passé au moment de la vente cataclysmique de la partie énergie d'Alstom à l'Américain GE. Une période, où le ministre de l'Économie était un certain Monsieur Macron.

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