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solidarité

Appel 24 ne répond plus!

25 mars 2015 | Mise à jour le 30 mai 2017
Par | Photo(s) : DR
Appel 24 ne répond plus!

Depuis le 16 mars, les salariées d'Appel 24 et Serenité 24 à Évry ne reprennent pas le travail, faute d'accord avec l'employeur récalcitrant. La CGT de l'Essonne appelle à un rassemblement de soutien solidaire.

Insultes orales et écrites, surcharge exponentielle de travail, notifications permanentes d'erreurs sans fondement, travail du dimanche et de nuit sans majoration de salaire, heures ou minutes de travail supplémentaires imposées par «solidarité» avec leur patron, pauses sanitaires déduites du salaire, vexations intempestives, accumulation de tâches sans rapport avec le contrat de travail, turn-over explosif…

Bienvenus dans l'un des clusters de l'esclavagisme d'excellence dans la France du XXIe siècle. «C'était devenu vraiment intenable, il fallait en finir avec ces pratiques, et c'est ce que nous avons voulu faire comprendre au patron», lance Aminata. En CDI depuis quatre mois à peine, cette jeune fille y a rejoint sa mère, en poste depuis moins d'un an. Un petit plus, a priori, mais au goût bien amer: «Il nous est formellement interdit de nous adresser la parole sur le plateau d'appels, il est même interdit de nous entraider sous peine de sanctions qui vont de la suppression de nos pauvres primes jusqu'au licenciement», poursuit-elle.

Au pied de l'immeuble qui héberge les locaux d'Appel 24 et de Serenite 24, les deux femmes sont bientôt rejointes par leurs dix collègues grévistes qui, comme chaque jour depuis une semaine, s'affairent à déployer panneaux, banderoles et drapeaux siglés CGT 91. C'est l'Union locale d'Evry qui les a fournis. C'est là qu'elles sont allées chercher conseil, après avoir déclenché la grève: «On devait se renseigner sur nos droits, nos possibilités d'action, la démarche auprès de l'inspection du travail et surtout, bien travailler notre cahier revendicatif» explique Léonardine.

RAS-LE-BOL

Sous son apparence si subite, l'idée de la grève couvait depuis longtemps: «Le ras-le-bol a franchi la barre du supportable et, pour tenir, on a ouvert une page Whatsapp pour discuter entre nous après le travail, parler des alertes d'erreurs qui défilent sur nos écrans à longueur de journée et de comment améliorer les choses, et c'est là qu'a surgi l'idée de la grève» relate Soraya. À mettre le feu aux poudres, ce lundi 16 mars, l'insulte de trop: «On nous a carrément traitées de connes, comme ça, en plein plateau et là, on a demandé une réunion au directeur, qui nous a ordonné de reprendre le travail ou de sortir, alors direct, on est passé à la vitesse supérieure», ajoute Rama.

Jean-Louis Bétoux, le secrétaire de l'UL d'Evry connaît bien cette entreprise. Ses pratiques salariales lamentables aussi, qui perdurent depuis des années, malgré les plaintes. Le syndicaliste n'est pas peu fier d'accompagner les grévistes dans leur combat: «Avant, elles venaient travailler la peur au ventre et aujourd'hui, elles revendiquent le respect qui leur est dû, des conditions de travail et de rémunération décentes, rien que du normal.»

APPEL AU RASSEMBLEMENT

Alertée par l'UL-CGT, l'inspection du travail est intervenue sur place, bravant l'interdiction inscrite au règlement intérieur – ça ne s'invente pas – de «laisser un inspecteur du travail franchir les portes de l'entreprise». Pour convaincre l'employeur de négocier un protocole de fin de conflit, deux interventions dans la même journée auront été nécessaires. Mais pas suffisantes: à toutes les demandes des salariées, le patron a opposé un refus sec. Mieux encore: faisant fi du droit du travail et tandis que 95 % de ses personnels poursuivent la grève, le même tente de recruter des salariés en remplacement des grévistes…
À nouveau alertée par la CGT, l'inspection du travail a illico convoqué l'employeur à la Direccte.
Pour soutenir le combat des grévistes, l'UD-CGT 91 a appelé à un rassemblement solidaire le 25 mars, devant les locaux d'Appel 24 à Evry Courcouronnes Centre.