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89%des Français considèrent vivre une crise sociale

28 novembre 2019 | Mise à jour le 28 novembre 2019
Par | Journaliste
À quelques jours d'un mouvement social qui s'annonce massivement suivi et potentiellement durable, l'institut de sondage ViaVoice et le quotidien Libération ont voulu prendre la température du climat social en France.

Il en ressort une enquête* édifiante, où l'on apprend que 9 Français sur 10, soit 89 % de la population, considèrent vivre actuellement une « crise sociale ». Un premier résultat dissonant (ou discordant ?) avec les déclarations du chef de l'État qui, cinq jours avant la réalisation de cette étude, lors d'une visite à Amiens pour l'inauguration d'un nouveau site universitaire, avait déploré un pays « Trop négatif sur lui-même », avant d'exhorter son auditoire d'étudiants à « affronter les difficultés de la vie », à « être positif et à avancer ».

« Bad politics » et « Positive attitude »

Autant de déclarations relayées en boucle par les médias qui, avec ou sans ironie, ont évoqué tour à tour la « positive attitude » du président « qui a changé », qui est « moins clivant » au moment où celui-ci entame l'acte II de son quinquennat avec, en guise de banderole républicaine, ce slogan éculé : « J'ai changé » Un acte II qui d'après l'enquête ViaVoice ne fait guère illusion : pour 66 % des interrogés, le chef de l'État n'a pas évolué sur la forme. Et encore moins sur le fond pour 70 % du panel des enquêtés.

Plus éclairante, s'il en fallait, cette révélation : 75 % des sondés affirment que le président doit changer de cap politique. Et pour lever toute ambigüité sur le contenu de cette assertion largement majoritaire, citons ces données, particulièrement éclairantes, tirées de l'enquête : 50 % des interrogés se disent toujours solidaires des gilets jaunes ; et cela, malgré l'affaiblissement du mouvement et malgré le grand show du « Grand débat » qui était censé calmer la contestation populaire.

La santé, en tête des préoccupations

Mieux encore, 87 % des enquêtés, c'est énorme, se disent solidaires du mouvement de défense de l'hôpital public et 62 %, solidaires de la lutte contre la réforme des retraites. Comme on le voit, si la santé demeure le principal sujet de préoccupation des Français, et pour cause, les autres thèmes d'inquiétude ne sont pas occultés.

Par exemple, le coût de la vie ou du « pouvoir de vivre » qui est cité par 69 % des sondés. Vient ensuite le thème des inégalités sociales (51 %) à parité, dans l'échelle des préoccupations, avec le manque de moyens dans les services publics.

Quand le chômage n'imprime plus

Curieusement, ces sujets d'inquiétude arrivent loin devant celui qui est invariablement présenté comme essentiel et prioritaire par l'exécutif, à savoir le chômage. S'il fallait retenir une révélation qui interroge plus que d'autres dans ce sondage, celle du chômage aurait assurément la palme. Fatalisme ou résignation face à ce fléau qui frappe plus de 8 millions de nos concitoyens ?

Et ce, au moment où la réforme de l'assurance chômage qui vient d'entrer en vigueur va précipiter dans l'abîme de la pauvreté nombre de ses ayants droit ? Autant d'hypothèses qui restent à creuser pour mieux cerner le noyau dur de la supposée « morosité » des Français pointée du doigt par un chef de l'État visiblement aux abois.

*Enquête réalisée en ligne du 15 au 18 novembre auprès d'un échantillon représentatif de 1 003 personnes.