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Sport

Coupe du monde de football : une place pour la finale coûte... le tiers du salaire annuel d'un ouvrier américain !

7 mai 2026 | Mise à jour le 7 mai 2026
Par et | Photo(s) : Patrick T. Fallon / AFP
Coupe du monde de football : une place pour la finale coûte... le tiers du salaire annuel d'un ouvrier américain !

Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (Fifa), a tenté de justifier, mercredi 6 mai, les prix exorbitants des billets pour la Coupe du monde de football, qui se tiendra à partir du 11 juin.

À un peu plus d'un mois du lancement du Mondial 2026 en Amérique du Nord, la Fifa fait face à de nombreuses critiques. Du prix des places, qui peuvent atteindre 11 000 dollars, à la revente spéculative et au coût élevé d’hébergement et de transport (les matchs ayant lieu dans trois pays différents), les supporteurs ont de nombreuses raisons de s’en prendre à ce foot toujours plus business… qui leur est de moins en moins accessible.

Pas solide sur ses appuis… Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (Fifa), a tenté de justifier, mercredi 6 mai, les prix exorbitants des billets pour la Coupe du monde, qui se tiendra aux États-Unis, au Canada et au Mexique à partir du 11 juin. Les places pour la finale atteignent en effet près de 11 000 dollars, tandis que le marché de la revente de billets ne cesse d’exploser, quatre billets dépassant même les deux millions de dollars sur la marketplace officielle (un prix fixé par le revendeur et non l’institution mais sur lequel celle-ci prélève tout de même 15% de commission, soit 690 000 dollars en l’occurrence).  « De l’extorsion », une « trahison monumentale », a vilipendé l’organisation Football supporters Europe. Une somme astronomique, bien supérieure au prix des places les plus chères pour la finale du Mondial 2022 au Qatar, lesquelles avoisinaient les 1 600 dollars.

Gianni le clown

« Si quelqu’un achète un billet pour la finale à 2 millions de dollars, je lui apporterai personnellement un hot-dog et un Coca-Cola », a d’abord ironisé Gianni Infantino, avant d’expliquer cette flambée tarifaire par la nécessité de tenir compte de la conjoncture économique. « Nous évoluons dans le pays où le marché du divertissement est le plus développé au monde. Nous devons donc appliquer les tarifs du marché », a-t-il ajouté, rappelant que 25 % des places pour les phases de groupe coûteront moins de 300 dollars. Mais c’est oublier les coûts d’hébergement et de transports particulièrement élevés, la Coupe du monde se déroulant dans trois pays différents, ce qui imposera aux supporteurs de se déplacer dans plusieurs stades, parfois fortement éloignés.

Surtout, qui pourra vraiment s’offrir une place pour la finale à 11 000 dollars ? Aux États-Unis, le salaire annuel moyen s’élève à 55 000 dollars, quand celui d’un ouvrier atteint difficilement les 36 500 dollars… soit l’équivalent de trois places pour la finale du prochain Mondial. Et si l’ouvrier en question voulait s’offrir l’un des billets à prix d’or proposés par le site officiel de revente de la Fifa, cela correspondrait à… cinquante-quatre années de travail. Une paille !

Toujours plus déconnecté

Derrière ces prix vertigineux se pose la question d’un football toujours plus déconnecté. Au fur et à mesure des éditions, la Coupe du monde devient un produit de luxe strictement réservé aux élites… bien loin des valeurs historiques défendues par ce sport et du train de vie de l’immense majorité des supporteurs, dont plus d’un milliard étaient derrière leur poste de télévision lors de la finale France-Argentine, en 2022.

Dans le même temps, la Fifa brasse toujours plus d’argent. En décembre, elle annonçait allouer une enveloppe globale de 727 millions de dollars aux 48 équipes qui prendront part à la Coupe du monde, soit une progression de 50 % par rapport à l'édition précédente au Qatar (qui comptait cependant moins d’équipes participantes) –  du jamais-vu dans le monde du ballon rond.