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AGROALIMENTAIRE

Dans les abattoirs, les conditions de travail dégradées favorisent le coronavirus

20 mai 2020 | Mise à jour le 20 mai 2020
Par | Photo(s) : Damien Meyer/AFP
Dans les abattoirs, les conditions de travail dégradées favorisent le coronavirus

Abattoir de Kermené à Saint-Jacut-du-Mene.

Alors que le pays est entré en déconfinement depuis plus d'une semaine, signe d'une épidémie officiellement « contrôlée », des foyers de contamination se développent dans des abattoirs français. Où, pendant le confinement, les conditions de travail n'ont fait que se dégrader.

« Les gars dans les abattoirs sont très en colère. Ils se sont fortement engagés pendant le confinement pour que la population continue à avoir accès à des produits de première nécessité, dont la viande, mais leurs conditions de travail se sont dégradées », prévient le secrétaire général de la FNAF-CGT, Julien Huck qui cite des chiffres : malgré les 45 % de personnels mis au chômage technique dans l'industrie alimentaire, « la production a été assurée à 95 % ! »

Un dévouement dont ils payent aujourd'hui le prix. Abattoir de poulets aux Essarts-en-Bocage, en Vendée, de porcs dans le Loiret, à Fleury-les-Aubrais, ou à Saint-Jacut-du-Mené, dans les Côtes-d'Armor, en tout c'est plus d'une centaine de salariés qui a été testée positive à la Covid-19. Entraînant la fermeture du site de Fleury-les-Aubrais et un dépistage massif dans les trois entreprises.

Des matériels de protection insuffisants

« Depuis le début, la CGT dit que les masques sont en quantité insuffisante », dénonce Julien. « Les distanciations physiques sont impossibles à réaliser dans des espaces où la promiscuité des postes de travail est de mise, où, à cause du bruit, les consignes sont passées de bouche à oreille. Le maintien des taux de productivité est incompatible avec la santé des salariés. »

De quoi attiser cette « colère sourde qui monte » parmi les salariés. D'autant que certains dirigeants se sont parfois montrés plus que discrets quant à d'éventuelles contaminations sur leurs sites de production en évoquant le secret professionnel…

Défendre la santé et non les profits

D'autres n'ont pas hésité à se servir de cette « opportunité économique » pour « récupérer des marchés, faire des stocks et casser les acquis sociaux ». Le secrétaire de la FNAF en veut pour preuve cet établissement du groupe Bigard qui a signé avec plusieurs syndicats à l'exclusion de la CGT « jeudi dernier [14 mai, NDLR] une dérèglementation complète des accords d'entreprise et fait passer la semaine de travail de 35 à 47 heures sous couvert de lutte contre la Covid-19 ».

Ce n'est pas tout. « Le Code du travail considère que l'employeur est responsable de la sécurité les salariés », rappelle Julien. « Or aujourd'hui, on tend à faire porter cette responsabilité sur les salariés. S'ils sont contaminés, ce serait parce qu'ils n'ont pas appliqué les gestes barrières. »

Le profit plutôt que la santé ? La FNAF dit non. Malgré les difficultés que pose l'interdiction de rassemblement ou de manifs, le syndicat reste « à pied d'œuvre », notamment sur les réseaux sociaux. Mobilisé pour de bonnes conditions de travail et de sécurité des travailleurs. Mais aussi pour que « tous les malades de la Covid-19 soient reconnus en maladie professionnelle ».