Des collages sur les murs pour rendre visibles les féminicides
149 femmes tuées par leur compagnon ou ex-compagnon en 2019 : ce sont des féminicides. Ces collages veulent imposer cette réalité dans le débat public.
Publié le 4 mars 2020
Elles ont entre 20 et 35 ans et, la nuit, créent des slogans qu’elles collent sur les murs. Ces collages rappellent l’urgence de lutter contre les féminicides et les violences sexistes.
Vingt heures, près de Denfert-Rochereau, une petite équipe de colleuses s’est donné rendez-vous. Margaux, 24 ans, sort du métro, un bac de colle à la main. Le groupe se constitue peu à peu. Ce soir, c’est le premier collage pour Charlotte 25 ans et Chloé 22. Juliette, 31 ans, fait figure d’ancienne. Cette graphiste free-lance a commencé à coller dès septembre, à peine une quinzaine de jours après le lancement du mouvement contre les féminicides, et n’a pas arrêté.
En moyenne, elle y consacre au moins une soirée par semaine. Amélie, 20 ans, est, elle, entrée dans l’aventure fin novembre, juste après la grande manifestation contre les violences faites aux femmes. « J’en avais tellement marre du harcèlement dans la rue… Coller, c’est reprendre un espace public auquel nous avons droit, explique la jeune femme étudiante en photo. J’avais envie de réveiller les gens avec ces slogans contre les féminicides. »
Si, pour Amélie, Juliette ou Margaux, le collage est le premier engagement féministe, ce n’est pas le cas de toutes. Lacalla, régisseuse plateau et lumière, fait partie d’un groupe féministe radical. Chloé s’est investie dans une association qui préparait la journée du 8 mars (Journée internationale des femmes), lors d’une année d’études à Hambourg. « En Allemagne, c’est le droit au travail qui est LA question féministe, il n’est pas du tout question des féminicides. »
Changement complet de forme de militantisme, ce soir, pour Charlotte. La jeune femme a travaillé, dans le Tarn, en premier accueil dans une association de lutte contre les violences conjugales et conduit une recherche sur l’accompagnement des femmes victimes en milieu rural.
Dans une ruelle, un premier mur est choisi pour accueillir l’inscription « NON À LA CULTURE DU VIOL ». Au fil des mois, les mots d’ordre se sont diversifiés et dénoncent maintenant différentes formes de violence sexistes. Amélie a préparé chez elle les slogans qui seront collés ce soir. Les lettres peintes en noir sur une feuille A 4 sont déjà en ordre. Rapidement, il faut enduire le mur, placer les lettres et les recoller soigneusement.
Ne manquez rien de l’actualité sociale
Abonnez-vous à la newsletter de la NVO
Dossier
Quand la musique bosse
Heavy Metal, krautrock, rap… Avant d’animer nos ondes et nos platines, de nombreuses chansons ont jailli des usines ou des quartiers ouvriers. Dans cette série d’été, NVO.fr raconte comment le monde du travail a révolutionné l’histoire de la musique.
Dossier / 5 articles
Nos articles les plus lus
Articles recommandés pour vous