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mobilisation

Disneyland Paris : deuxième mardi noir pour les salaires avant un samedi noir de la colère

31 mai 2023 | Mise à jour le 31 mai 2023
Par | Photo(s) : Mohamad Salaheldin Abdelg Alsaye / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP
Disneyland Paris : deuxième mardi noir pour les salaires avant un samedi noir de la colère

Mohamad Salaheldin Abdelg Alsaye / ANADOLU AGENCY / Anadolu Agency via AFP

L'appel à la mobilisation lancé par les syndicats du parc à thème a été très suivi par les salariés de tous secteurs professionnels. Entre 9h et 18h, mardi 30 mai, 1000 à 1600 grévistes ont paradé dans les allées du parc pour réaffirmer haut et fort leurs revendications.

Sous un soleil éclatant, un deuxième mardi noir à Disneyland Paris, ce mardi 30 mai. Issus de tous secteurs professionnels – commerces, services, maintenance, spectacles, sécurité, etc. – quelques 1000 à 1600 grévistes ont défilé dans les allées du parc à thème, toute la journée durant, pour réclamer des hausses de salaires et de meilleures conditions de travail. Un spectacle non-prévu au programme des réjouissances et autres loisirs commercialisés par la firme américaine qui, une fois de plus, devra rembourser des centaines de clients insatisfaits car privés de spectacles ou d'accès à nombre d'installations.

Contacté par la NVO tandis que la parade des grévistes battait son plein, le secrétaire général de la CGT Disneyland ne cachait pas une satisfaction mâtinée d'euphorie : « je l'avais espérée, mais je ne m'attendais pas encore à une déferlante d'une telle ampleur », se réjouit Fabien Beiersdorff. En admettant toutefois que cette « mobilisation historique » est largement imputable à la direction de Disney. Et pour cause.

Une négociation tragi-comique

Suite au premier mardi noir du 23 mai qui avait rassemblé 600 grévistes au pic de la mobilisation du jour, la direction avait bien convoqué les syndicats (CGT-CFDT-UNSA-CFTC-CFECGC), lesquels réclamaient l'ouverture de négociations sur les salaires, les horaires, les frais de déplacement, les paniers repas, etc. « une négociation tragi-comique », titrait le tract de la CGT à l'issue de cette séquence de « dialogue anti-social » : « on nous a proposé, rien de moins, que de monétiser les congés payés, les heures supplémentaires, d'échelonner le versement du 13ème mois de juillet à décembre et de conditionner le versement de la prime de partage de la valeur (125 euros/an) à un an d'ancienneté à temps plein, ce qui permet d'exclure les salariés à temps partiel du bénéfice de cette prime. Bref, en réponse à nos revendications légitimes, la direction nous a expliqué comment nous passer de nos besoins en monneyant notre dû ».

Après les mardi, les « samedi noirs »

Faute de signature des syndicats à cette proposition d'accord, la direction de Disneyland Paris a donc eu cette bonne idée d'user de son droit légal de « décision unilatérale de l'employeur » afin d'imposer ses choix à quelques 17 000 salariés, en dépit et déni des revendications portées par leurs représentants syndicaux(*). Mal lui en a pris, si l'on considère qu'en une seule semaine, la mobilisation par la grève et les débrayages – autant de pratiques inhabituelles au pays de Mickey – a plus que doublé ses effectifs passant de 600 à 1600 salariés mobilisés. Et ce n'est là que le début d'un conflit social qui risque de s'intensifier, et de perdurer comme l'annonce l'appel des syndicats à une nouvelle séquence de mobilisation, dés ce samedi 3 juin. « Les samedi sont des journées cash-machine pour le chiffre d'affaires du parc », souligne Fabien Beiersdorff qui compte bien faire des « samedi noirs » un levier du rapport de force. Dans ce bras de fer que la direction de Disneyland Paris semble sous-estimer, la CGT a fait valoir que des dividendes faramineux sont versés aux actionnaires tandis que 200 euros d'augmentation pour absorber l'inflation sont refusés aux salariés. A quoi, la direction aurait répondu, en cash : « De l'argent, il y en a pour certains, mais pas pour d'autres », dixit le communiqué de la CGT Disneyland. Les salariés apprécieront, et aviseront.

(*) : le cahier revendicatif des salariés, tous secteurs professionnels confondus est de :

–   200 euros net d'augmentation des salaires mensuels

–  le travail du dimanche payé double

–  la revalorisation des indemnités kilométriques

–  la fin des horaires « choisis »