À venir
Votre identifiant correspond à l'email que vous avez renseigné lors de l'abonnement. Vous avez besoin d'aide ? Contactez-nous au 01.49.88.68.50 ou par email en cliquant ici.
HAUT
Liquidation judiciaire

Dans la ville la plus pauvre de France, le premier employeur privé risque de fermer

2 novembre 2021 | Mise à jour le 2 novembre 2021
Par
Premier employeur privé de la ville la plus pauvre de France, le producteur de sandwichs Bergams, basé à Grigny (Essonne), envisage la liquidation de l'entreprise après un mois et demi de grève des salariés, qui occupent les locaux depuis vendredi.

Depuis le 14 septembre, une centaine d'entre eux, sur 283 au total, sont en grève, bloquant toute production. Ils demandent le retrait d'un « accord de performance collective » (APC) qu'ils ont voté en janvier, mais dont ils dénoncent aujourd'hui les effets : baisse des salaires et augmentation des heures de travail.

Dans cette entreprise emblématique de Grigny, une éventuelle liquidation serait un « drame social et une blessure territoriale », estime auprès de l'AFP le maire communiste de Grigny Philippe Rio. Pour faire monter la pression face à la direction, quelques dizaines de salariés se sont mis à occuper vendredi les locaux de l'entreprise, selon le délégué CGT Amadou Sow, présent sur place, ce que n'a pas démenti la direction.

Avec le Covid-19 et un mois et demi de grève, « l'exploitation est désormais irrémédiablement compromise », juge la direction, estimant n'avoir « d'autre choix que d'envisager (…) l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire », dont le dépôt est prévu jeudi 4 novembre au tribunal de commerce d'Évry, a-t-elle annoncé dans un communiqué.

Elle l'a officialisé auprès des syndicats vendredi matin lors d'un conseil social et économique (CSE) extraordinaire. « Pour l'instant, c'est une menace », a estimé auprès de l'AFP Olivier Champetier, secrétaire départemental CGT, en lien avec les délégués sur place, qui ont proposé une expertise économique pour proposer d'autres pistes de sortie. « Les salariés sont prêts à reprendre le travail tout de suite, ils ne veulent pas la fermeture de l'entreprise », poursuit-il, « mais ils ne veulent pas être payés comme des chiens ».

Avec l'APC voté en janvier, Véronique Roussel, syndiquée chez FO et chargée d'envoyer 42 pains par secondes dans une machine à sandwichs, a perdu 300 euros nets sur son salaire, pour 2 h 30 travaillées de plus par semaine. « Du fait de la persistance du blocage du site et de l'arrêt total de la production, les principaux clients essentiels à l'activité de Bergams ont été contraints de cesser leurs relations commerciales avec la société », note la direction. Le maire Philippe Rio (PCF) s’est tourné vers le gouvernement pour demander une aide, estimant qu’il s’agit « d’une affaire nationale« . Ses demandes d’intervention sont pour l’instant restées lettre morte.