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Répression antisyndicale

Quatre enseignants des Deux-Sèvres sanctionnés pour s'être opposés au nouveau baccalauréat

5 novembre 2020 | Mise à jour le 5 novembre 2020
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Le rectorat de Poitiers a sanctionné mercredi quatre enseignants de Melle (Deux-Sèvres) pour avoir perturbé l’hiver dernier des épreuves du contrôle continu du nouveau baccalauréat provoquant leur report à plusieurs reprises, a-t-on appris jeudi auprès du comité de soutien des enseignants.

Trois des quatre professeurs étaient déjà suspendus depuis mars suite à cette mobilisation, fin 2019 et début 2020 au lycée Desfontaines de Melle, contre les E3C, épreuves du baccalauréat nouvelle formule. Ils étaient passés, ainsi qu’un quatrième enseignant, devant une commission de discipline en octobre.

Mercredi, le rectorat de Poitiers a prononcé les sanctions : une mutation d’office pour un professeur d'anglais, une exclusion de fonctions pendant 15 jours sans salaire pour une professeur de mathématiques, un abaissement d’échelon pour un professeur de philosophie et un blâme pour un autre professeur de mathématiques.

Des « sanctions inacceptables » , a fait valoir dans un communiqué le comité de soutien à ces enseignants.

Les quatre enseignants, trois représentants et une adhérente du syndicat Sud-Education, s’étaient mobilisés à plusieurs reprises contre les épreuves de contrôle continu du nouveau bac : refus de surveiller les épreuves, panne de vidéo-projecteur, formation de chaîne humaine… Ces perturbations avaient provoqué le report, à plusieurs reprises, des épreuves.

« C'est clairement un abus de pouvoir de la rectrice. Nous sommes scandalisés. Être sanctionnés pour des faits de grève, c'est de l'inédit« , a réagi auprès de l’AFP Aladin Lévêque, le professeur de philosophie.

« La rectrice a été au-delà des recommandations des conseils de discipline, c'est un passage en force. Les sanctions sont très différentes alors que les dossiers sont similaires. Cela fait 15 jours que notre ministre Jean-Michel Blanquer verse des larmes de crocodile au sujet de la liberté d'expression, et derrière, ce ministère se permet de faire de la répression syndicale. C'est un affront fait à l'ensemble de la communauté éducative. Nous n'en resterons pas là » , a-t-il ajouté.

Les quatre enseignants envisagent désormais plusieurs options, pouvant aller du recours gracieux auprès du ministère au recours en contentieux devant le tribunal administratif. Des mobilisations sont aussi en préparation.

« Nous sommes les premiers sanctionnés en Poitou-Charentes, mais il y a eu beaucoup de cas d'intimidation et de répression dans 13 académies sur 30. A Cahors, à Clermont-Ferrand, il y a eu des arrestations et des plaintes contre des enseignants. Ce n'est pas normal » , selon M. Lévêque.

Lors des conseils de discipline, les enseignants mellois avaient reçu le soutien de plusieurs intersyndicales nationales, ainsi que de responsables politiques d'extrême-gauche comme Philippe Poutou, porte-parole du NPA.