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Coronavirus

StopCovid: les organisations de défense des droits alertent contre le traçage numérique

28 avril 2020 | Mise à jour le 28 avril 2020
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Le projet controversé de traçage numérique envisagé par le gouvernement pour lutter contre la pandémie de coronavirus après le confinement représente une atteinte à la vie privée et aux libertés, alertent mardi les organisations de défense des droits et syndicats.

L'application mobile StopCovid doit permettre à un usager de prévenir les autres utilisateurs qu'il a croisés s'il est contaminé par le Covid-19. Piste évoquée parmi les mesures de déconfinement à partir du 11 mai, l'application ne fait finalement pas partie du plan gouvernemental présenté aux députés mardi par le Premier ministre. Son utilisation fera l'objet « d'un débat spécifique, suivi d'un vote spécifique », a précisé Édouard Philippe.

« L'intérêt et l'efficacité d'un tel suivi pour endiguer la propagation du virus sont trop incertains en comparaison de la menace disproportionnée qu'ils font peser sur les droits et libertés fondamentaux », estime la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) dans un avis voté mardi. « Il n'existe pas à l'heure actuelle de consensus à l'égard de son efficacité » et son utilisation en France se heurte à « un obstacle majeur : la fracture numérique », souligne-t-elle.

Pour qu'une telle application soit efficace, 60 % de la population doit l'utiliser, selon une étude de la revue Science du 31 mars citée par la commission, qui rappelle que seule 77 % de la population française est équipée d'un smartphone.

Selon le gouvernement, le traçage reposera sur le volontariat, l'anonymat des données et l'absence de données de géolocalisation. Mais les organisations de défense des droits mettent en doute la possibilité pour chacun de donner « un consentement libre et éclairé » sur les implications d'un traçage.

Un véritable bracelet électronique

« StopCovid s'annonce comme un véritable bracelet électronique passé “volontairement” au poignet des Français », tranchent dans un communiqué commun le Syndicat national des journalistes (SNJ), le Syndicat national des journalistes CGT (SNJ-CGT), la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et l'Union syndicale solidaires.

Évoquant un « chantage liant ce “volontariat” à la réussite du déconfinement », les quatre organisations appellent les parlementaires « à voter contre cette fausse solution miracle ».

L'ONG Amnesty International France juge également que « les conditions ne sont pas réunies pour que les députés puissent voter en faveur » du projet et appelle « à la plus grande vigilance ».

Les organisations alertent notamment contre un risque de détournement des données et soulignent que la durée du traçage n'a pas été précisée.

Et en cas de contact avec une personne contaminée, devra-t-on « se soumettre à un dépistage obligatoire au risque de faire l'objet de poursuites judiciaires ? » interroge la CNCDH. « Encore faudrait-il qu'un nombre suffisant de tests soient disponibles », relève la commission.

 

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