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COMMERCES ET SERVICES

Intérim, turnover : un rapport dénonce les pratiques sociales d’Amazon

21 janvier 2021 | Mise à jour le 21 janvier 2021
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Le géant de l'e-commerce Amazon est épinglé dans un rapport indépendant qui pointe notamment son recours important à l'emploi intérimaire et ses forts taux de rotation en France, dévoile L'Humanité dans son édition de jeudi.

L'emploi intérimaire représentait en 2019 44 % de la main-d'œuvre totale d'Amazon, un chiffre grimpant à 64 % dans des fonctions particulièrement physiques, telles que la réception et l'expédition de la marchandise dans les entrepôts, dévoile ce rapport produit par le cabinet d'expertise indépendant Progexa pour le Comité social et économique central (CSEC) d'Amazon.

Ce recours élevé à l'intérim est le résultat « d'un choix de gestion RH qui consiste à externaliser en partie la main-d'œuvre ouvrière », selon les auteurs du rapport.

Ainsi en 2019, « l'emploi intérimaire a augmenté deux fois plus vite chez Amazon (+47 % d'ETP, équivalent temps plein) que le personnel interne (+18 % d'ETP) », souligne L'Humanité.

Autre élément chiffré fourni par le rapport : les « taux de rotation » sont particulièrement élevés, selon le quotidien : de 19,8 % pour les ouvriers, 23,9 % pour les agents de maîtrise et 34,2 % pour les cadres.

En outre, « plus d'un millier d'accidents du travail ont été déclarés par Amazon France Logistique en 2019, soit près de 3 accidents par jour », relève L'Humanité. Un chiffre qu'Alain Jeault, délégué syndical central CGT cité par le quotidien, estime minoré puisque « tout est fait pour inciter les travailleurs, notamment les intérimaires, à ne pas déclarer leurs accidents ».

« En 2019, 24 salariés ont été licenciés par l'entreprise après avoir été déclarés inaptes à leur emploi par le médecin du travail, soit 8 de plus qu'en 2018 », écrit L'Humanité, qui précise que la grande majorité des maladies professionnelles sont des troubles musculosquelettiques (soit des tendinites, lombalgies, etc.), la première cause de maladies professionnelles indemnisées en France.

Est enfin pointé le manque de transparence d'Amazon, qui a souvent mis du temps à répondre aux sollicitations des auteurs du rapport et l'a souvent fait de manière parcellaire ou erronée.

« Le manque de fiabilité des données sociales d'Amazon France Logistique est d'autant plus dommageable pour les élus du CSEC qu'Amazon est une entreprise spécialisée dans la collecte de données », ironisent les auteurs.

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