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COMMERCE ET SERVICES

Interview: « Nous souhaitons que la gratitude sociale se transforme en augmentation salariale ! »

9 avril 2021 | Mise à jour le 9 avril 2021
Par | Photo(s) : DR
Interview: « Nous souhaitons que la gratitude sociale se transforme en augmentation salariale ! »

Rassemblement de la CGT Commerce et services devant le Medef le 8 avril 2021

Jeudi 8 avril, pas moins de 300 salariés du commerce et des services se rassemblaient devant le siège du Medef, à l'appel de leur fédération. Parmi leurs revendications ? Une augmentation immédiate de 300 euros pour les plus bas salaires. Explications avec Amel Ketfi, secrétaire fédérale CGT Commerce et services.
Le rassemblement devant le siège du Medef, hier, jeudi 8 avril, à l'appel de la Fédération CGT Commerce et services, avait pour vocation principale d'exiger une augmentation salariale pour les « premiers de corvée » du secteur… Pourquoi ?

Hier, pas moins de 300 salariés — caissières, agents de sécurité, etc. — issus d'enseignes et d'entreprises aussi diverses que Carrefour, Auchan, Securitas, McDo, Habitat, Sodexo, Conforama, etc. étaient réunis pour interpeler l'organisation patronale sur les conditions de travail déplorables de ces « premiers de corvée », employés en première ligne du commerce et des services.

La crise sanitaire, et le premier confinement, ont révélé, au regard d'une société reconnaissante, le caractère essentiel de leurs fonctions, d'ordinaire dévalorisées. Ce sont ces salariés qui étaient là, fidèles au poste, irremplaçables. Désormais, nous souhaitons que cette gratitude sociale se traduise en augmentation salariale. La dernière « prime Macron » nous paraît insatisfaisante, car ponctuelle.

Ainsi, nous demandons que les rémunérations les plus faibles soient augmentées de 300 euros, ce qui élèverait le revenu minimum, sans qualification ni expérience, à 1800 euros bruts (contre 1512 actuellement). Par ailleurs, nous réclamons un temps complet à 32 h. La crise a prouvé que cette réduction du temps de travail était possible…

À rebours de nos revendications, c'est pourtant aujourd'hui l'inverse qui se produit. Les grands groupes placent leurs employés en activité partielle, sans même parfois payer le complément pour atteindre 100 % des salaires. Résultat ? Une perte de 16 % des revenus. Dans la grande distribution, cette mise en activité partielle de certains salariés, sous couvert d'arguments fallacieux — comme la fermeture de certains rayons — fait porter une dépense inutile à l'État, et une charge de travail supplémentaire aux salariés en poste.

Hormis la question des salaires, vous nourrissez d'autres sujets de colère, comme la suppression des emplois, la fermeture des magasins, les aggravations des conditions de travail, etc.

Bien sûr ! Nous observons énormément de licenciements, non directement liés au Covid. L'épidémie est, en fait, devenue un « effet d'aubaine » pour les patrons, qui trouvent 1001 excuses pour licencier, invoquant la numérisation, la concurrence d'Amazon, etc. Hors temps de crise, ils marchaient sur des œufs. Aujourd'hui, les homologations de PSE par la Direccte se voient facilitées.

Pourtant, il n'y a aucune raison actuelle de licencier. Les entreprises se trouvent encore sous perfusion de l'État. Grâce au possible recours à l'activité partielle, la masse salariale ne coûte rien… Les effets directs du Covid se feront ressentir plus tard. Malgré cela, nous recensons aujourd'hui une dizaine de milliers de suppressions d'emplois avec, chaque mois, un PSE : un massacre !

Ainsi, Flunch et Top Office, propriétés du groupe Mulliez (Auchan, Castorama, Norauto…) licencient leurs salariés alors même qu'Auchan ne s'est jamais aussi bien porté ! Les entreprises profitent de la crise sanitaire pour se remodeler, avec le moins de masse salariale et le plus de productivité possibles.

Par ailleurs, les patrons incitent leurs employés à changer leurs fiches de fonctions, à exercer des activités pour lesquelles ils ne sont pas formés : click & collect, drives, livraisons… Ces adaptations se font « à l'arrache », alors que l'État débloque des fonds pour les reconversions et les formations. Mais seul le chiffre d'affaires immédiat intéresse le patronat…

Ainsi, vous demandez le remboursement des aides publiques ?

Bien sûr ! Toutes les entreprises bénéficient du prêt garanti par l'État et du recours au chômage partiel, deux dispositifs a minima conditionnés au maintien de l'intégralité des emplois. Cet argent ne doit, en aucun cas, servir à renflouer les poches des actionnaires.

Qu'attendez-vous du Medef suite à votre rassemblement ?

Le Medef ne nous donnera aucun signe de vie, car ils nous considèrent avec le mépris le plus total. Mais la grogne monte ! Nous adressons ce message à nos salariés : ils ne doivent pas se résigner ni accepter des situations dramatiques sous prétexte de Covid !

Il faut qu'ils se ressaisissent. Ils possèdent un pouvoir d'intervention dans leurs entreprises. Leur avis compte sur l'utilisation de ces subventions ! Nous sommes à un tournant majeur : si l'éveil des consciences ne se réalise pas, nous nous dirigeons droit vers un libéralisme encore plus débridé que ce que nous avons jamais connu !

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