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Monde

Israël-Palestine : “Les travailleurs et travailleuses sont parmi les premiers touchés”

10 octobre 2023 | Mise à jour le 10 octobre 2023
Par | Photo(s) : Sameh Rahmi / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Israël-Palestine : “Les travailleurs et travailleuses sont parmi les premiers touchés”

Sameh Rahmi / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Le 7 octobre 2023, le Hamas lançait une attaque inédite par son envergure sur l’État d'Israël à l'origine de plus de 800 morts, en grande majorité des civils. Une offensive qui « endeuille et prend pour cible des millions de civils israéliens comme palestiniens et dessert la cause palestinienne », déclare la CGT qui adresse  » tout son soutien aux victimes israéliennes et palestiniennes et à leurs familles, ainsi qu'aux organisations syndicales avec qui elle travaille, la PGFTU (Palestine) et Koach la Ovdim (Israël)« . La riposte israélienne, qui prend la forme d'un blocus total, “sans eau”, ni électricité ni gaz, contre le territoire de Gaza et ses deux millions d'habitants, a déjà fait 700 morts. Entretien avec  Boris Plazzi secrétaire confédéral CGT en charge des relations internationales. Propos recueillis par Clément Pouré.

La Nouvelle Vie Ouvrière : quelle place a la CGT dans une crise internationale comme celle que nous traversons aujourd'hui ? 

Boris Plazzi : la CGT, depuis des décennies, a un rôle récurrent en Palestine comme en Israël. Nous travaillons étroitement depuis plusieurs années avec le syndicat palestinien PGFTU et avons des liens privilégiés avec le syndicat Israël progressiste Koach La Ovdmi – ce qui signifie pouvoir aux travailleurs. Notre première mission, c’est d'être aux côtés de nos camarades, de leur assurer de notre soutien et de notre générosité. La CGT est depuis toujours engagée dans le sens de la cause palestinienne. Nous devons favoriser les prises d'initiatives en direction du peuple palestinien, mais aussi celles portées par les forces progressistes israéliennes.

Comment sortir de cette situation de crise ? 

B.P. : La CGT milite depuis des années au sein d'un collectif national qui défend une paix juste et durable entre la Palestine et Israël. Plus que jamais, il faut continuer inlassablement dans le sens d'un processus de paix et de justice dans cette partie du monde, d’autant que des centaines de personnes sont retenues en otage. Or, les premières communications du gouvernement de Benyamin Netanyahou sont particulièrement offensives et va-t-en-guerre. Les habitants de Gaza, de tous les territoires palestiniens, aussi les travailleurs et travailleuses israéliens vont être les premiers et premières touchés par cette nouvelle étape du conflit.

 

Comment expliquer cette nouvelle escalade ?

B.P. : Le gouvernement israélien est peut-être l'un des plus hostiles à la cause palestinienne de l'histoire du pays. C'est un gouvernement d'extrême-droite, qui porte une politique ségrégationniste vis-à-vis de la population palestinienne. Il y a un an, je me suis rendu dans les territoires occupés. La situation humaine est terrible. À Gaza, on vit avec un dollar et demi par jour. On voit l’avancée de la colonisation en Cisjordanie, dans la partie arabe de Jérusalem. Cette politique est une politique meurtrière. Elle a une part de responsabilité dans l’offensive terroriste, que nous condamnons avec une grande fermeté, lancée par le Hamas ce week-end

 

Quel rôle peut jouer la France dans une telle situation ? 

B.P. : Dans ce genre de situation, la diplomatie doit prendre le pas sur le militaire.  Nous interpellons, en tant que syndicat, le gouvernement français pour leur dire que l'heure est à la discussion, à trouver des moyens pour faire redescendre cette violence. Les représailles vont être terribles pour Gaza et la Palestine. A long terme, cela ne va que renforcer la haine entre les deux peuples alors qu'il faudrait enrayer la machine de la violence.