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Coronavirus

La CGT Aisne interpelle Macron à l’occasion de son déplacement mémoriel

17 mai 2020 | Mise à jour le 19 mai 2020
Par | Photo(s) : DR
La CGT Aisne interpelle Macron à l’occasion de son déplacement mémoriel

Manifestation des salariés de MATT Montcornet. 2017.

Les priorités du chef de l'État semblent en curieux décalage avec celles de la population de l'Aisne durant la crise de Covid-19. Alors qu'Emmanuel  Macron effectue sa deuxième « itinérance mémorielle » dans le département, la CGT lui demande une prise de conscience de la situation actuelle.

« Les salariés et les services publics ont besoin de moyens et de meilleurs salaires et il n'est pas question que ce soit les travailleurs qui paient la crise sanitaire », tonne Yan Ruder, dirigeant de la CGT Aisne.

« Ils sont en colère face aux tentatives de supprimer des congés, dans la fonction publique notamment », ajoute le syndicaliste qui note aussi l'indigence – dénoncée depuis de nombreuses années par la CGT – dans laquelle sont tombés ces services publics et en particulier l'hôpital : « À Laon, on a 17 lits de réanimation. Tous étaient occupés ces derniers jours. Et qu'advient-il si un dix-huitième patient en avait eu besoin ? On a frisé la Bérézina… »

Abus de rhétorique guerrière

La défaite napoléonienne fait écho à cette curieuse idée de commémorer la bataille de Montcornet, défaite, elle aussi du colonel de Gaulle, mais dont l'histoire retient tout de même le courage de ces Français qui ont « sauvé l'honneur » en se battant au milieu de la débâcle. L'intendance n'avait pas suivi, comme aujourd'hui les masques et les tests…

« Dans d'autres pays, comme l'Allemagne, on a pratiqué des tests massifs et usé d'un confinement sélectif. Ici, on a confiné tout le monde et notre système hospitalier ne disposait que de 7000 lits de réanimation contre 25 000 en Allemagne », déplore José Gaspar, secrétaire général de l'UD-CGT de l'Aisne.

« Le confinement généralisé, c'est la solution de facilité quand on n'a rien fait en amont. C'est aussi la restriction de toutes les libertés. Le gouvernement a été d'un amateurisme total sur cette crise », s'emporte à son tour David Lecocq, secrétaire général de la CGT du ministère de l'Intérieur.  « Et au final, on apprend que les personnels hospitaliers n'auront même pas tous les 1500 euros promis », conclut José Gaspar. Et le gouvernement les imagine satisfaits en leur décernant la toute nouvelle médaille qu'il va créer pour l'occasion…

« Les emplois de demain passent par l'acier »

Les unions locales CGT aux avant-postes

« Pendant la crise, les salariés se sont tournés vers la CGT face à des comportements patronaux inimaginables. Ainsi, ce sont des gens qui appellent pour signaler que leur patron leur envoie un SMS pour les mettre en congé d'office. D'autres entreprises non essentielles qui ont fait le forcing pour faire reprendre le travail. En l'absence de fonctionnent de inspections du travail ou des prudhommes, nos militants dans nos unions locales ont enregistré la détresse, notamment des salariés des TPE », constate encore José Gaspar.

« C'est ici qu'on voit ce à quoi sont confrontés les salariés en l'absence de représentation syndicale. » De ce point de vue, il y a tout de même de bonnes nouvelles, car, de fait, des adhésions à la CGT ont été enregistrées dans le département, et ce y compris pendant le confinement.

 Montcornet laissé à l'abandon

Tandis que le président Macron commémorera de Gaulle, il n'est pas certain qu'il visite le village même de Montcornet, sinon il y observerait les stigmates des plans sociaux qui s'y sont succédé. En quelques années, la population est passée de 1700 à 1300 habitants. Plusieurs dizaines de maisons y sont à vendre, mais ne trouvent pas preneurs.

La fermeture de Kerry Savoury (agroalimentaire) y a fait perdre 120 emplois en 2012. Le sous-traitant automobile MATT (groupe Trèves) est passé de 500 emplois dans les années 2000 à 89 aujourd'hui. Antony Lagneaux, porte-parole CGT de l'intersyndicale y a mené une grande lutte en 2017 : « Nous nous sommes battus pour maintenir le site et on a réussi, mais aujourd'hui on s'inquiète de l'avenir. Le chômage partiel fait perdre une part grandissante de nos revenus. Nous sommes un petit sous-traitant automobile et l'État doit non plus financer des délocalisations, mais nous aider à obtenir des commandes des constructeurs automobiles où il est actionnaire. Si j'ai un message à faire passer à M. Macron, c'est celui-là. »

Pas certain qu'en venant se promener dans l'Aisne, le président ait vraiment cette préoccupation en tête, ou même qu'il daigne recevoir une délégation syndicale.

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