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THÉÂTRE

Le génie de Camille

10 novembre 2015 | Mise à jour le 28 février 2017
Par | Photo(s) : DR
Le génie de Camille

Voilà une pièce sur Camille Claudel qui vaut le détour. Christine Farré, qui l'incarne, est épatante. Son adaptation, tirée des correspondances de l'artiste et des textes des critiques de l'époque, met son génie au premier plan avant sa folie.

La pièce Camille Claudel 1864-1943, mise en scène par Christine Farré, éclaire avant tout le génie de la sculptrice.

Sur scène, des esquisses de ses œuvres, des bassines d'eau et de la terre, pour nous plonger dans l'ardeur de la création avant les affres de la folie.

Pour mieux appuyer le propos, aux côtés de Camille – magistralement interprétée par Christine Farré – se tiennent Octave Mirbeau (Nicolas Pignon) et Eugène Blot (Jean-Marc Bordja), critiques d'art et amis, qui croient en son talent et s'échinent à le faire reconnaître. Pas facile, quand on sait la difficulté pour les femmes artistes de l'époque de s'affirmer en tant que telles.

L'École des beaux-arts ne les admettra qu'en 1897, et elles ne seront autorisées à concourir au prix de Rome qu'en 1903…

EN MAL DE RECONNAISSANCE

Exaltée, en pleine frénésie créatrice, Camille se donne corps et âme à son art. Si elle obtient quelques commandes de l'État et de particuliers, elle aura bien du mal à en vivre.

Auguste Rodin comme son frère, Paul Claudel, ne sont présents qu'à travers les correspondances.

Le premier n'endosse pas le rôle du salaud, pas plus que le second.

La pièce de Christine Farré ne fait pas de la sculptrice « une belle héroïne de tragédie sacrifiée sur l'autel de la passion amoureuse », mais plutôt une artiste en mal de reconnaissance.

On la voit s'enfoncer dans la misère, pouvant à peine se nourrir et se chauffer.

Camille, entourée de ses amis dans les bras desquels elle se lamente, va peu à peu sombrer dans la folie, en prise à des délires de persécution.

Rageuse et à bout de force, elle renonce à exécuter la statue d'Auguste Blanqui, lâchant prise sous le regard impuissant de Mirbeau et de Blot.

On assiste à cette descente aux enfers au travers de scènes poignantes, telle celle où elle se grime le visage et le corps de terre jusqu'à se transformer en statue. Un spectacle, éligible aux « P'tits Molières » 2016, plein de force et d'émotion. À ne pas manquer.


Camille Claudel 1864-1943, mise en scène par Christine Farré.

Les vendredis et samedis à 19 h 30, jusqu'au 28 novembre, à la Folie Théâtre – 6, rue de la Folie Méricourt – Paris 11e.