Les Archives nationales ne sont pas une variable d'ajustement !
Les gouvernements se suivent et la convoitise immobilière sur les bâtiments parisiens des Archives nationales demeure. La valeur et les missions de ce service public sont à nouveau menacées.
Publié le 20 juin 2015, modifié le 7 août 2026
Les gouvernements se suivent et la convoitise immobilière sur les bâtiments parisiens des Archives nationales demeure. La valeur et les missions de ce service public sont à nouveau menacées.
Le 17 mai, au Festival de Cannes, Manuel Valls déclarait: «Cela a été une erreur au cours des deux premières années du quinquennat de François Hollande de baisser le budget de la culture. Cela a été un signe négatif. Il ne faut jamais donner de mauvais signe quand on parle de culture.»
Or, le 4 juin, la CGT-Archives, par la voix du directeur de cabinet de la ministre de la Culture, apprenait «la disparition complète des dispositions relatives aux Archives (…) du projet de loi Création, architecture et patrimoine (CAP)».
Un escamotage décidé par Matignon et qui «ferait suite aux réactions hostiles des ministères de l’Intérieur et de la Défense devant l’abaissement prévu des délais de communicabilité» (des archives publiques NDLR). Et que M. Fabrice Bakhouche, directeur du cabinet de Fleur Pellerin tente d’expliquer – un comble ! – par «le contexte actuel de l’opinion publique, après le vote de la loi sur le renseignement intérieur». Comme le souligne le communiqué de la CGT-Archives «M. Bakhouche justifie ce naufrage archivistique et culturel comme un dégât collatéral naturel de la politique répressive et liberticide du gouvernement.»
Pour le très combatif syndicat CGT des Archives, cette disparition du projet de loi CAP des dispositions relatives aux archives porte un tout autre message : «Refus d’ouvrir les fonds d’archives et d’abaisser les délais de communicabilité, refus de mettre un terme au régime des archives incommunicables, refus de mettre un terme à la privatisation de la conservation des archives courantes et intermédiaires, refus de mettre un terme à la réutilisation commerciale des archives, refus de donner les espaces nécessaires aux Archives nationales pour assurer toutes leurs missions (collecter, conserver, communiquer, valoriser)».
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